Les élus

Lundi 23 novembre 2009

Le site des euro-députés d'Europe Ecologie : clic.

 

Les associations Pays de l’ours-Adet , Fiep, Férus et WWF ont été reçues mardi à Bruxelles au Parlement Européen puis par la Commission Européenne.

Cette rencontre a été rendue possible par les députés d’Europe Écologie Catherine Grèze, Jean-Paul Besset et Sandrine Bélier. À noter également la présence de Gérard Onesta et d’Alain Ciekanski.

Lors de la réunion d’information au Parlement, les députés européens ont décidé d’interpeler la Commission Européenne et se sont engagés à faire pression sur les autorités compétentes afin que soit donnée une suite au plan de restauration de l’ours brun, jusqu’à ce que la population soit considérée comme viable par les experts.

Des actions juridiques complémentaires aux plaintes déjà déposées ont été décidées, comme le dépôt d’une pétition parlementaire, ce qui déclencherait une enquête, voire un rapport du Parlement.

Les associations ont également rencontré les juristes de la Commission européenne chargés de l’application de la Directive « Habitats », lesquels ont confirmé l’obligation légale faite à la France de restaurer une population viable d’ours dans les Pyrénées, et ont indiqué avoir déjà interrogé le Gouvernement français, par oral et par écrit sur ses intentions pour se mettre en conformité avec la loi.

L’immobilisme sur ce dossier conduirait inéluctablement la France à une condamnation devant la Cour de justice des communautés européennes, pouvant être assortie d’une injonction et de lourdes pénalités financières.

La France ne peut pas aborder l’année 2010, « Année internationale de la Biodiversité », en abandonnant la restauration de l’espèce la plus menacée et la plus symbolique de la biodiversité pyrénéenne et nationale.

Quelles positions pourrions-nous tenir lors des colloques mondiaux sur la biodiversité prévus en 2010, si nous ne sommes pas capables de sauver les espèces menacées sur notre propre territoire ?

Pays de l’ours-Adet demande au Gouvernement français d’annoncer ses décisions et de lancer le nouveau plan de restauration de la population d’ours avant l’échéance de l’actuel plan, le 31 décembre 2009.

Un très grand merci à Catherine Grèze et à ses collègues pour cette organisation et pour l’attention très appréciée portée aux associations.

Par Le Pic Vert
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Jeudi 22 octobre 2009
Avant Copenhague, 16-18 octobre

Ce week end se tenait le Conseil du Parti Vert Européen à Malmö en Suède. J'y assiste pour la première fois en tant que Députée Européenne et représentante du Groupe Vert. Seule députée d'Europe Ecologie, je suis accompagnée de mes collègues de la délégation des Verts français (Danièle Auroi, Brigitte Brozio, Didier Claude Rod, Pierre Serne, Stéphane Sitbon délégués au PVE ainsi que de Cécile Duflot, Pierre Minaert, Alexis Braud, Jocelyne Le Boulicaut et Constantin Federovski). Ce Conseil fut particulier à plus d'un titre : c'est l'occasion de la première action CLIMAT de l'ensemble des partis Verts Européens mais également, pour nous, la candidature d'un Vert français au Comité Exécutif du PVE : Stéphane Sitbon-Gomez.
Le résultat d'Europe Ecologie aux élections européennes semble justifier par lui-même notre participation plus active au sein du PVE, et Stéphane est élu parmi les premiers candidats. Mais notre responsabilité ne s'arrête pas là : si de bons résultats sont consolidés dans les pays où nous sommes déjà implantés, les difficultés n'ont pas été surmontées pour les partis verts au Sud et à l'Est, en passant par l'Espagne qui a vu l'écologie politique se diviser. On s'interroge sur la manière dont nous avons réussi à faire émerger l'écologie politique au niveau européen. Nous soulevons notre désir et notre capacité à travailler collectivement, en France au sein du regroupement créé à l'occasion des élections européennes, ainsi qu'au sein du Parti Vert Européen, dont la force réside dans notre volonté à se réunir, et à instaurer un esprit positif et ambitieux de collaboration ; je pense notamment à la participation active dans notre campagne de Monica Frassoni, ancienne députée européenne et nouvelle porte-parole du PVE, de Pierre Jonkheer, d'Isabelle Durant et de Philippe Lamberts, député réélu Porte Parole du PVE, et de bien d'autres encore.
Cécile Duflot participe au débat d'ouverture, mettant en évidence la nécessité de s'allier et de faire de l'écologie politique le moyen de renouveler la gauche. Après le choix des Grünen de s'allier avec les conservateurs de la CDU dans la Sarre, je m'inquiète sur la pertinence de ces alliances : à force de chercher la « plus grande efficacité », ne risquons nous pas de diluer nos valeurs et nos politiques de transformation ?! Les débats sont vifs également sur notre approche de la croissance, débat nécessaire, qui était déjà soulevé la semaine dernière en réunion de groupe au Parlement. Plusieurs de mes collègues eurodéputés ont d'ailleurs eu l'occasion de présenter leur travail et leurs batailles en cours : c'est le cas de Ska Keller, qui a réuni les Verts et Jeunes Verts Européens pour discuter de la stratégie de Stockholm ; c'est le cas d'Isabella Lövin, ma collègue suédoise au sein de la commission développement, qui a présenté les méfaits des accords de pêche signés actuellement par l'Union Européenne, en premier lieu avec la Guinée ; c'est enfin mon cas, lorsque je soulève l'importance de se battre, à chaque instant, et notamment hors périodes électorales, pour la démocratie en Europe et l'amélioration des systèmes électoraux vers plus de proportionnelle.
La jeunesse et le dynamisme du nouveau Comité Exécutif s'annonce en tout cas prometteuse. C'est un nouveau défi qui se présente pour Stéphane et pour l'ensemble des représentants européens.
Le besoin d'une entité écologiste structurée au niveau mondial continue de se faire sentir. C'est dans cet esprit que j'anime la rencontre des Verts mondiaux. Dans cet esprit également, consciente de la nécessité de trouver un accord international pour mettre fin au changement climatique, que nous organisons l'action des Verts européens près de la petite Sirène de Copenhague. Notre action est haute en couleurs et la petite Sirène drapée des couleurs du drapeau climat devient un symbole qui pourrait être englouti par la montée des eaux, afin d'alerter l'opinion publique sur ce qui risque de devenir commun si nous n'agissons pas tout de suite : les réfugiés climatiques pourraient s'avérer être 20 millions en 2020, et certains scientifiques avancent des chiffres s'élevant jusqu'à 7 mètres de montée des mers. Les négociations semblent mal engagées avant le Sommet, et les discussions avec nos partenaires européens montrent que nous sommes nombreux à être préoccupés.
Le fond des discussions du week end portent sur l'avenir et la stratégie à engager pour le PVE. Comment être une forme d'appui aux partis nationaux tout en promouvant l'écologie politique au niveau européen ? Volonté, énergie, et travail ne manquent pas, et nous avons tous de bons espoirs pour l'écologie politique sur notre continent !
Amitiés écologistes,
Catherine Grèze
Par Le Pic Vert
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Mercredi 14 octobre 2009
Par Le Pic Vert
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Vendredi 9 octobre 2009
Monsieur le Président du Comité des Régions,

Chers collègues,

Je suis ravie d'être dans cette enceinte et de voir l'influence grandissante des Régions, et leurs liens avec l'Union Européenne, renforcés. Ceci fait particulièrement sens après la campagne européenne, où de nombreux eurodéputés ici présents se sont attachés sans compter pendant des mois à convaincre les concitoyens de ce lien entre Europe et régions.
Je ne vous surprendrai pas en vous faisant part des priorités du Groupe Vert que je représente ici. Notre priorité en matière d'allocations des fonds structurels en région, sera que les critères environnementaux et la protection climatique soient pris en compte. Tout le monde est d'accord sur l'urgence du réchauffement climatique, et il n'est pas pensable que ces critères ne soient pas pris en compte. Un collègue vient de mentionner le chiffre de 40% des montants de fonds structurels qui devraient être affectés à des projets prenant en compte le combat contre le réchauffement climatique : qu'en est-il ? Comment ces fonds seront-ils affectés ?
Je suis pragmatique et voudrais illustrer mon propos par deux exemples très concrets : en début de semaine, j'étais à Hendaye au Pays Basque nord dans la zone de l'Eurocité qui va de Bilbao à Bayonne. A Fontarrabie en face d'Hendaye, une zone Natura 2000 a été établie grâce à de larges fonds européens et à la demande des collectivités locales. Or ces mêmes collectivités locales proposent aujourd'hui une extension de l'aéroport... sur le port et sur la zone protégée Natura 2000 ! Cet exemple illustre bien comment le facteur économique mis en avant ne prend pas en compte la dimension européenne puisqu'à moins de 30 km, se trouve un autre aéroport (Biarritz) sous-utilisé - et à moins de 80 km de celui de Bilbao. Cela illustre aussi à quel point le critère environnemental n'est pas pris en compte, puisque le projet bafoue la Directive Européenne Natura 2000.
Le second exemple que je voudrais évoquer ici est celui de la fameuse TCP (Traversée Centrale des Pyrénées). Des fonds européens sont sollicités pour financer une traversée ferroviaire de Huesca en Espagne à Pau en France : cela peut paraître une bonne idée pour l'environnement et la zone des montagnes pyrénéennes. En réalité, ce projet signifie que des infrastructures autoroutières, pour acheminer le fret, vont se développer - en profonde contradiction avec les critères de protection du climat - pour rejoindre les gares de Pau, côté français, et de Huesca, côté espagnol. Le seul bon projet, en adéquation avec les critères environnementaux et climatiques, que doit financer l'UE est une ligne ferroviaire qui aille du nord au sud de l'Europe.
Ces deux exemples montrent qu'un changement d'approche doit être développé. Concentration et participation démocratique doivent être mises en œuvre, et coopération entre les Régions et l'Europe, renforcée pour appliquer ces critères. Vous pouvez compter sur moi en tant que parlementaire pour ouvrir au renforcement de ces liens.
Monsieur le Président du Comité des Régions, Madame la Présidente de la Commission des Politiques Régionales, j'attends des réponses concrètes.
Réponse des présidents : Le cadre légal existe, il faut le faire appliquer.

Fanny Thibert
Attachée parlementaire de Catherine Grèze
Eurodéputée Verts/Europe Écologie

Contact : thibert.fanny@hotmail.com

Par Le Pic Vert
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Jeudi 3 septembre 2009
Motion de censure

Yves Cochet

Deuxième séance du mercredi 8 juillet 2009 - extrait du compte-rendu officiel :


M. le président. La parole est à M. Yves Cochet, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Mes chers collègues, si vous quittez l’hémicycle, je vous prie de le faire dans le silence et discrètement.

M. Jean-Paul Lecoq. Nous, nous étions restés pour écouter... Le respect, ça existe !

M. Yves Cochet. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, la motion de censure présentée par le groupe SRC est justifiée et nous la voterons.

Cependant, les raisons qui nous y incitent sont parfois différentes de celles évoquées par le président Fabius. Avec vous, je veux d’abord comprendre d’où vient la récession mondiale actuelle, en reconstituant l’enchaînement des causes et des conséquences, autrement dit en replaçant les dominos dans le bon ordre de leur chute.

L’hypothèse initiale est simple : si la dépense en énergie et en matières premières croît plus vite que le revenu, alors la part du revenu destinée aux autres dépenses décroît - par exemple les remboursements d’un emprunt contracté pour acheter un logement.

Or la stagnation, puis le déclin de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 ont entraîné la hausse rapide des produits pétroliers jusqu’en juillet 2008. Ainsi, dès l’été 2007, la crise des crédits hypothécaires - les subprimes - émerge de l’incapacité des ménages les moins riches à rembourser leurs emprunts...

M. Jean-Pierre Brard. Parce qu’il n’y a pas de justice sociale !

M. Yves Cochet. À budget domestique égal, ces ménages ont restructuré leurs dépenses en continuant d’acheter l’obligatoire plus cher - les carburants ou l’alimentation par exemple - et en économisant sur le non-obligatoire - les remboursements des emprunts immobiliers, par exemple.

M. Jean-Pierre Brard. Vous n’avez pas d’hameçon, au Gouvernement ? Parce que celui-là, on vous le donne !

M. Yves Cochet. De même, au printemps 2008, les émeutes de la faim étaient aussi une conséquence, dans le secteur alimentaire, de la hausse des produits pétroliers dont dépend lourdement l’agriculture productiviste : le machinisme, les engrais, les pesticides et autres dépenses.

En outre, la raréfaction du brut a amplifié la production d’agrocarburants en lieu et place de l’agriculture alimentaire. Ce n’était plus le pétrole qui servait l’agriculture, mais l’agriculture qui produisait un mauvais substitut de pétrole... Hélas ! Dès septembre 2005, la France a choisi ces agrocarburants catastrophiques.

Premier domino à basculer : le cours du baril à New York. Second domino : les défauts de remboursement d’emprunts hypothécaires des ménages. Le troisième, par agrégation des seconds dominos par dizaines de millions : une perte de rentrées financières pour les banques qui, un certain volume étant dépassé et la folie de la titrisation aidant, perdirent brutalement confiance les unes dans les autres en septembre 2008.

À ces facteurs lourds, s’ajoutait l’immense dette étasunienne, constamment croissante depuis une décennie. La crise actuelle est donc d’abord et avant tout une crise du sous-sol, une crise des énergies fossiles et des matières premières. C’est l’économie matérielle qui est à l’origine de la crise financière et non l’inverse.

M. Pierre Gosnat. Ce n’est pas le capitalisme ?

M. Yves Cochet. Cette conclusion peut être obtenue une deuxième fois en regardant l’histoire réelle - telle qu’elle s’est déroulée au cours de ces dernières années et non pas en racontant les fantasmes du libéralisme économique - et en raisonnant par l’absurde.

Si c’était le resserrement du crédit qui avait engendré la récession, les économies européennes auraient plongé après septembre 2008, alors que leur croissance a chuté dès mars 2008, est devenue nulle en mai, puis négative - selon la célèbre expression de la ministre de l’économie Christine Lagarde ici présente - ensuite.

En effet, il faut éliminer un autre cliché : les économies de la zone euro et du Japon sont beaucoup plus vulnérables aux pointes de prix des matières premières et du pétrole que l’économie des États-Unis, pays qui produit encore un quart de sa consommation de pétrole, entre autres. Cette sensibilité négative aux prix élevés du pétrole et des matières premières, les quatre cinquièmes de l’économie réelle des pays de l’OCDE la ressentent, notamment dans les secteurs des transports et de l’agriculture.

Cette analyse matérialiste s’accorde mieux que les autres aux cinq dernières récessions mondiales que nous avons connues depuis 1973 - je pourrais reprendre les propos tenus depuis lors, à droite comme à gauche, ce qui pourrait être un sujet d’intérêt pour les historiens. À l’exception de la crise dite asiatique de 1998-1999, je l’avoue, les quatre autres récessions furent précédées de fortes hausses du cours du baril et des matières premières.

La dernière de ces hausses atteint 500 % entre 2002 et la mi-2008, soit trois à quatre fois plus que les hausses observées lors des premier et deuxième chocs pétroliers des années soixante-dix ou lors de la guerre du Golfe en 1991.

Tandis que la bulle immobilière incitait les ménages américains défavorisés à résider plus loin de leur travail pour acquérir une maison moins chère, la hausse concomitante des carburants les frappa plus lourdement encore, à proportion de leur éloignement. Ce qu’ils avaient espéré gagner en vivant loin de la ville avec un gallon d’essence à moins de deux dollars, ils le perdirent lorsque celui-ci dépassa les trois dollars.

L’implosion de la bulle immobilière seule aurait pu ralentir les économies américaine et mondiale ; il aura fallu la forte hausse des produits pétroliers depuis 2007 jusqu’à la mi-2008 pour engendrer la récession.

La quasi-totalité des commentateurs de révérence, des responsables politiques - comme ceux qui viennent de s’exprimer - et des économistes orthodoxes et conformistes s’en tiennent à une analyse interne du système financier et de ses tares qui ne constituent pourtant que le quatrième domino qui tombe.

Les plus prolixes d’entre eux nous abreuvent de longs discours et d’articles outrés sur les scandales que constituent les revenus démesurés des « patrons voyous », les bonus et autres parachutes dorés des dirigeants de telle ou telle entreprise, les dérégulations opérées ces dernières années par le capitalisme financier, sous l’égide du gourou Alan Greenspan que tout le monde voue aujourd’hui aux gémonies - mais Dieu sait si on l’a adulé pendant une quinzaine d’années -, et sur les risques insensés pris par les investisseurs immobiliers. Nous avons tous été incapables d’imaginer un possible retournement des prix depuis 1945 : la croissance devait durer toujours ; seuls quelques analystes avisés nous ont aidés à penser les mécanismes cognitifs de l’aveuglement au désastre que nous connaissons aujourd’hui.

Mais pour essayer, comme nous y invitait M. le Premier ministre, d’avoir une pensée un peu plus complexe et d’apprécier le retour des conséquences sur les causes, approfondissons maintenant le raisonnement que je viens de tenir pour affiner l’évaluation que nous pouvons faire, à ce stade, de l’ampleur et de la durée de la récession. Il convient de complexifier un peu la chaîne causale des dominos en examinant comment la chute des derniers d’entre eux - d’ordre financier - provoque une accélération de la chute des premiers dans une boucle de rétroaction positive de ceux-là sur ceux-ci. Convenons d’abord qu’il existe un domino zéro, lequel n’est autre que le déclin géologique de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 : ce fait est avéré tous les mois par les statistiques de l’AIE et de l’EIA - pour ceux qui comprennent de quoi je parle. Je vois que cela vous fait rire, madame la ministre de l’économie : rira bien qui rira le dernier ! Prenons date pour les mois qui viennent : nous verrons bien ce qu’il adviendra de votre plan de relance !

M. le président. Vous avez demandé, monsieur Cochet, si l’on comprenait ce que vous disiez : c’est ce qui a fait sourire certains, qui avaient compris. (Sourires.)

M. Jean-Pierre Brard. Ce n’est pas sûr ! La pédagogie voudrait que l’on répète !

M. Éric Raoult. Ce serait un ricochet ! (Sourires.)

M. Yves Cochet. L’AIE est l’Agence internationale de l’énergie, et l’EIA, l’Energy information administration, c’est-à-dire le ministère américain de l’énergie.

M. Jean-Pierre Brard. Je ne parlais pas de cela !

M. le président. Chacun avait compris, monsieur Cochet.

M. Yves Cochet. Dont acte, monsieur le président : je vous remercie de cette mise au point.

Face à une demande mondiale croissante, disais-je, le pétrole supplémentaire ne provient plus que de l’extraction des réserves non conventionnelles, extraction coûteuse qui entraîne la chute du premier domino : la hausse des cours du baril et des prix des produits pétroliers. Le second domino - la bulle immobilière, laquelle implose d’ailleurs plus qu’elle n’explose - se dédouble, puisqu’il entraîne, d’une part, la crise de remboursement des crédits hypothécaires risqués puis la baisse des prix de l’immobilier et, d’autre part, les difficultés des compagnies aériennes et des industries automobiles. Ainsi, le plus grand pays libéral du monde a nationalisé General Motors : fait stupéfiant pour les tenants du libéralisme ! En France, l’État a injecté quelque 10 milliards d’euros dans les entreprises Renault et Peugeot, moyennant quoi celles-ci ont instantanément licencié environ 11 000 salariés. J’ai vu, d’ailleurs, que Peugeot avait lancé un nouveau « crossover » - c’est ainsi qu’on les appelle désormais, le terme « 4x4 » étant devenu écologiquement incorrect. Quant à Renault, il a lancé le modèle Koleos l’an dernier, sans aucune étude de marché : autre exemple de marketing irresponsable.

J’ai évoqué les compagnies aériennes : on sous-estime les difficultés de Lufthansa, British Airways ou Air France. On verra dans quelques années - M. Christian Blanc le sait sans doute mieux que d’autres - que même une compagnie comme Air France sera durement touchée par le prix du kérosène, indexé sur le cours du baril qui ne tardera pas à augmenter, pour des raison objectives indépendantes de tout volontarisme politique.

Les deux facteurs que j’évoquais provoquent la crise bancaire, puis le resserrement du crédit et enfin la récession. D’autres dominos tombent alors : affaissement du marché des produits dérivés sur le marché pétrolier, diminution de la demande mondiale de pétrole, laquelle diminution provoque la baisse des prix du pétrole et la réduction de la production. Évidemment, l’OPEP tente de faire remonter le cours du baril en fermant un peu les robinets, mais cela ne marche pas. Il s’ensuit un ralentissement général des investissements dans l’exploration et la production pétrolières visant à compenser la déplétion géologique : extraire un baril pour 80 dollars pour le vendre 60 dollars, autrement dit à perte, n’offre évidemment aucun intérêt. C’est pourquoi la production mondiale de pétrole décroît et continuera à décroître, pour conduire bientôt à quelques pénuries et à un deuxième choc sur les prix après celui de 2008. La boucle sera alors bouclée, après la hausse rapprochée des prix des produits pétroliers et de toutes les énergies, dont on sait, quoi qu’en disent Mme la ministre de l’économie et M. le Premier ministre, qu’il n’ont rien à voir avec des prix de marché : ce sont, depuis 1947, des prix soviétiques, administrés ; bref, des prix politiques.

Cette croissance des prix de l’énergie reviendra heurter à la baisse les prix de l’immobilier hors agglomération, à la hausse le coût des transports et de l’alimentation - comme en 2007 et en 2008 -, et à la baisse la santé déjà défaillante des compagnies aériennes et des industries automobiles. La récession deviendra dépression par quelques événements économiques et sociaux importants, tels que des faillites de grands États : M. Schwarzenegger a ainsi annoncé il y a quelques jours que la Californie, neuvième économie du monde, était au bord de la faillite, et que les fonctionnaires n’y seraient plus payés pendant trois jours par mois. Quant à la situation en Hongrie, en Espagne ou, plus grave encore, en Grande-Bretagne, nous en reparlerons peut-être dans quelques mois : on peut certes débloquer quelques milliards pour l’Islande, mais pour la Grande-Bretagne, madame la ministre de l’économie, c’est tout autre chose.

Outre la probable faillite d’un grand pays, on assistera à une dislocation du système financier mondial qui dépassera celle que nous avons connue, et à une très forte augmentation du chômage - c’est malheureusement une quasi-certitude. Quand ? Bientôt. Autrement dit, il n’y aura plus de « reprise », comme le prétendent M. le Premier ministre et les commentateurs aveugles qui l’annoncent éventuellement pour 2010. La croissance du PIB est terminée ; la décroissance n’est même plus un objet de débat mais une réalité : elle est notre destin. Je l’avais déjà dit en octobre 2008, et je le répète aujourd’hui. Pour le moment, l’histoire me donne raison.

M. Jean Dionis du Séjour. C’est Malthus !

M. Yves Cochet. Ces affirmations péremptoires, me demanderez-vous, sont elles partagées par d’autres analystes ?

M. Jean Dionis du Séjour. Par Malthus, mais cela remonte au XVIIIe siècle !

M. Yves Cochet. Oui, notamment par les experts du LEAP/E2020 - Laboratoire européen d’anticipation politique/Europe 2020 -, un groupe européen de réflexion prospective. La crise systémique pourrait évoluer vers des situations de chaos social, faites de violentes révoltes populaires. Dans son bulletin du 15 février 2009, le LEAP/E2020 annonce le « début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale ».

M. Jean Dionis du Séjour. Et ensuite, c’est la fin du monde !

M. Yves Cochet. J’espère que les interruptions de certains collègues seront consignées au Journal officiel.

M. le président. Monsieur Cochet, veuillez poursuivre.

M. Yves Cochet. Les dirigeants du monde n’ont pas tiré les conséquences de l’effondrement en cours du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. « Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière », poursuit le LEAP. « Aux États-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) » par dizaines ou centaines de milliards « et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite...) pour faire repartir la machine. » Nous avons encore entendu ce refrain aujourd’hui. « Or [...] le système global est désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne peut plus l’être. »

Dans son dernier bulletin, daté du 16 juin, le LEAP envisage l’arrivée, dans quelques mois, de trois « vagues scélérates » : la vague du chômage massif et brutal ; la vague déferlante des faillites en série - entreprises, banques, immobilier, régions, villes et peut-être États ; la vague de la crise terminale des bons du Trésor américain, du dollar et de la livre sterling, et le retour de l’inflation. « Ces trois vagues », indique le LEAP, ne sont pas successives mais « simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu’elles l’atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables ».

Que faire ? disait Lénine il y a un siècle (« Ah ! » sur les bancs du groupe NC) et mon ami Daniel Cohn-Bendit il y a trois mois. Un Green New Deal, c’est-à-dire un nouveau contrat vert et social pour l’Europe et pour la France. Nos concitoyens en ont partiellement ressenti la nécessité en nous accordant quelques suffrages le 7 juin dernier. Ici même, la majorité - peu présente à ce moment du débat - et le Gouvernement auraient pu s’emparer du sujet lorsque, en janvier dernier, nous avons présenté une proposition de loi tendant à faire de l’empreinte écologique un indicateur prioritaire des politiques publiques. Vous l’avez hélas rejetée. Une seconde chance vous a été offerte le 28 mai par François de Rugy et les députés Verts, avec la proposition de loi sur la transformation écologique de l’économie, texte que vous avez lui aussi rejeté.

Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, à condition, bien sûr, d’abandonner les vieilles lunes de la croissance - dont on vient encore de nous rebattre les oreilles - comme les prétendues loi de l’économie néoclassique, et de présenter au pays un vaste programme d’urgence écologique et sociale, fondé sur la sobriété et la solidarité, et inspiré par les raisonnements géologiques, thermodynamiques et systémiques que j’ai développés. Mais sans doute n’est-on guère habitué à manipuler ces concepts à Bercy et ailleurs.

Je vous demande donc, monsieur le Premier ministre, de renoncer à votre plan de relance symbolisé par les mille chantiers présentés en février dernier, et de vous convertir à la transformation écologique de notre économie telle que nous l’avons longuement expliquée lors de la campagne des élections européennes. En février dernier, vous avez déclaré sur Europe 1 : « Aucun plan de relance ne permettra d’éviter la crise. Personne aujourd’hui ne peut savoir quand on sortira de cette crise. Ce qu’on sait, c’est que toute l’année 2009 sera une année de crise. »

M. Éric Raoult. Il avait raison !

M. Yves Cochet. Vous pressentiez alors le caractère hors normes du phénomène actuel, mais formuliez aussi un aveu d’impuissance sidérée.

Si nous consentons tous à décoloniser notre imaginaire et à changer de paradigme de pensée, comme j’ai tenté de le faire sommairement aujourd’hui, nous pouvons proposer un autre plan à notre pays : un plan d’urgence écologique et social - euphémisme de ma part, je le reconnais, tant la crise pourrait être beaucoup plus grave encore. Notre pays a donc besoin d’un sursaut intellectuel et politique dans les mois et les années à venir. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.)

 

Le Pic Vert est fier d'être... vert !

 


Par Le Pic Vert
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Mercredi 2 septembre 2009
Cher-e-s ami-e-s,

Enfin... enfin j'arrive à prendre quelques minutes pour vous rendre compte et vous tenir informés de mon activité, depuis que je suis élue au Parlement Européen. J'en profite pour remercier toutes celles et ceux qui ont participé à cette magnifique et imprévisible victoire. Petit à petit, jour après jour, nous prenons nos marques. Les premières semaines à Bruxelles étaient essentiellement occupées par des réunions de groupe de préparation et d'information sur les négociations menées par les présidents de groupe pour le partage des responsabilités. Lundi, je suis arrivée à Strasbourg pour la séance constitutive. Emue, impressionnée et à la fois enthousiaste de prendre ces nouvelles responsabilités.

Le rendez-vous le plus attendu dès Lundi, c'est les préparatifs de la coalition anti-Barosso. Dany et le groupe ont remportés une première victoire avec le report du vote, qui ne se fera donc pas cette semaine. Il nous reste à partager les rôles au sein des Commissions et surtout à élire le Président du Parlement et les vice-présidents. Le groupe donne une indication pour voter en faveur de Jerzy Bouzek. Bouzek est l'ancien Premier Ministre de Pologne, membre de PO, la plate-forme libérale de Donald Tusk, qui a renversé la majorité ultra-conservatrice des frères Kazinsky. Son premier engagement, c'est la dissidence antitotalitaire au sein de Solidarnosc et aux côtés de Lech Walesa. Il est le premier député d'Europe de l'Est à accéder au perchoir européen. Les raisons pour le soutenir sont multiples, surtout pour le symbole que représente enfin ce qui apparait comme la pleine intégration des pays d'Europe centrale et orientale. L'accord entre le PPE et le PSE ne fait pas de doute, je ne suis pourtant pas convaincue de vouloir le soutenir. Bouzek est issu du Parti Populaire Européen et nombre de ses positions me semblent très éloignées de notre arc de coalition, tant sur l'immigration, sur le droit des femmes et sur le droit des minorités. Bien que novice dans les couloirs de Strasbourg, ce brouillage des clivages à l'échelle européenne, pour réaliser un accord technique, ne me semble pas indiqué. Avec un certain nombre de mes collègues, je me refuse à voter pour un candidat issu du même parti que Barosso, et d'user ainsi de la liberté de vote dont nous bénéficions. La candidate de la GUE, Eva Svensson, unique candidate face à lui, exprime dans son allocution la nécessité de répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques. Elle s'est engagée dans la mandature précédente dans de nombreux combats  proche des nôtres, notamment à travers son engagement féministe. Elle remportera un succès d'estime, avec 89 voix bien au-delà des députés de son groupe. Satisfaction au moment de l'élection des vice-présidences, Isabelle Durant, d'Ecolo, ancienne Ministre belge, est élue vice-présidente du Parlement Européen en huitième position avec 238 voix : nul doute qu'elle prendra avec brio la succession de Gérard Onesta, dont le travail reste dans les mémoires !

Les discussions avec les autres groupes nous ont permis d'aboutir à une répartition finalisée du travail en commission, les délégations seront définitivement réparties au mois de Septembre. Les élus d'Europe Ecologie vont être au coeur de  l'hémicycle. Eva Joly devient Présidente de la Commission Développement, je siégerai à ses côtés comme titulaire dans cette Commission. Nous travaillerons en coopération, ainsi qu'avec Ska Keller, nouvelle élue allemande de 28 ans, qui a été une militante active de la Fédération des Jeunes Ecologistes Européens. Nous assurerons en alternance la coordination politique du groupe, moi pendant la première partie et Ska pendant la seconde partie du mandat. Les chantiers prioritaires sont nombreux : lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, lutte contre la confiscation des terres arables, évaluation de la coopération et de l'aide publique au développement. A ce sujet, Marie, ma collaboratrice à Bruxelles, rencontre les représentants de la Coordination SUD, avec qui nous chercherons à établir une collaboration fructueuse, comme l'avaient laissé entendre les discussions lors de la campagne.

En plus de la Commission Développement, je siègerai comme suppléante à la Commission du Développement Régional, en compagnie des deux titulaires François Alfonsi et Karima Delli. Le champ d'action de cette Commission est énorme, et nous ne serons pas de trop à huit verts au sein de la Commission. Les fonds FEDER représentent le deuxième budget de l'UE, et le budget des fonds de cohésion augmente de 7,5% cette année. Ce sont les fonds FEDER qui permettent de mener les actions européennes en faveur de la cohésion sociale, depuis les régions défavorisées de Pologne ou de Bulgarie, jusqu'aux opérations de réhabilitation urbaine en Seine Saint Denis, que Karima suivra de près. Pour ma part, je souhaite porter une attention particulière aux thématiques concernant l'Outre-mer. Avec Harry Durimel, Europe Ecologie a réalisé des scores formidables dans l'eurorégion Outremer. Malgré la déception de ne pas avoir d'élus, l'engagement écologiste sur ces thématiques doit être porté, c'est ce que je faisais déjà au Collège Exécutif des Verts. Par ailleurs, après une campagne avec nos amis Basques et Catalans, les dynamiques transfrontalières et les possibilités qu'elles offrent aujourd'hui m'intéresseront au premier chef. Je sais que Tudi Kernalegen et la Comission Régions et Fédéralisme y consacrera même un atelier lors des Journées d'Etés. Enfin, j'ai demandé à siéger au Comité des Régions d'Europe, pour y représenter le Parlement Européen.

L'actualité, c'est aussi l'Amérique Latine, qui occupe nos esprits. J'ai demandé à avoir une délégation sur le Mercosur et l'Assemblée Parlementaire Eurolat. 

Depuis plusieurs jours, la situation au Honduras ne s'améliore pas. Manuel Zelaya n'a toujours pas retrouvé son pays et le coup d'Etat militaire perdure. Cette catastrophe constitue un précédent périlleux. Elle nous rappelle la triste époque où les pronunciamientos rythmaient la vie politique de l'Amérique Latine. Mais elle pourrait aussi signifier un tournant dangereux. Alors que depuis plusieurs années, la victoire des gauches dans de nombreux pays d'Amérique Latine a renouvelé le rêve de Bolívar, le retour des coups militaires pourrait constituer un précédent douloureux et mettre fin à ces expériences. Raul Romeva, d'ICV, intervient pour le groupe des Verts/ALE. Nous nous sommes concerté auparavant, et participons avec Willy Meyer, de la GUE, au lancement d'une pétition pour suspendre la négociation des accords commerciaux entre le Honduras et l'UE qui doivent s'ouvrir la semaine prochaine. Le parlementaire espagnol du PPE fait une intervention inquiétante : nous serons vigilant à ce que de prétendues opérations de conciliation ne visent pas à réhabiliter les putschistes. Sur ce point, la toute nouvelle Présidence suédoise est plutôt positive, tout comme l'attitude de la Commission, en condamnant sans ambiguïtés le coup d'Etat.

Autre événement à suivre de près, au Pérou, le massacre de Bagua des 6-7 Juin a provoqué 34 morts, en réprimant la lutte sociale menée par les indigènes de l'Aidesep. Le Premier ministre a été remplacé samedi dernier, tenu comme politiquement responsable de ces morts, et certains décrets introduisant un pillage dangereux des ressources naturelles ont étés retirés. Mais Alan Garcia (dont le parti est pourtant toujours membre de l'Internationale Socialiste, sic !) persiste dans sa politique libérale. La Defensora del Pueblo du Pérou décompte plus de 220 conflits sociaux au mois de Juin, dont une la majorité sont d'abord des conflits environnementaux. Par ailleurs, la répression persiste pour les leaders syndicalistes et indigènes de l'AIDESEP.

Après quelques hésitations, je reçois, en compagnie de Gaby Kupers, la collaboratrice du groupe en charge du suivi de ces questions, Ollanta Humala, en visite à Strasbourg. Il est le président du Parti Nationaliste Péruvien, un nationalisme qu'il précise d'emblée être distinct du nationalisme à l'européenne. Il s'inscrit dans un courant de gauche hostile à la globalisation libérale, soutenu par le Président Chavez. En 2006, il avait fait figure d'alternative à Alan Garcia et avait rassemblé 47% des suffrages. Pourtant Humala fait figure de populiste, son nationalisme inquiète quant au respect de la démocratie. Mais surtout, ancien militaire, putschiste contre Fujimori en 2000, il est accusé d'avoir participé à des massacres lors de la guerre civile contre le Sentier Lumineux et d'avoir alors piétiné les droits de l'homme. Je l'interroge sur son projet politique, son nationalisme, son lien avec les mouvements sociaux et l'Aidesep, mais surtout sur ses réponses à apporter aux questions environnementales et à sa défense des libertés publiques. Lui nie tout engagement antidémocratique et rappelle qu'il s'est toujours soumis aux procédures de justice et qu'il reprend les attendus de la Commission Vérité et Réconciliation. J'insiste surtout sur la nécessité de travailler à une coalition politique face à Alan Garcia et à ses liens avec la mouvance écologiste et la candidature du Padre Arana, militant écologiste, engagé dans la lutte contre les OGM et la lutte contre le désastre environnemental des mines. Une alternative politique est nécessaire au Pérou, il reste à en définir le contour, son projet et ses alliances, et la garantie qu'elle se fera dans le respect de la démocratie. J'ai refusé photos et passages médias, m'assurant ainsi que cette rencontre ne crée pas de vague.

Je suis longue, mais tout ceci n'est qu'un résumé partiel de ces intenses journées. J'en sors épuisée. Derrière toutes ces aventures politiques, c'est aussi une aventure personnelle qui s'ouvre pour moi. Avec mes collaborateurs, Marie Toussaint, Patrick Benkemoun et Stéphane Sitbon-Gomez, nous jonglons entre suivi des politiques et installation effective dans le dédale administratif du Parlement. Je retrouve aussi ici de nombreux amis, avec qui j'ai ˛uvré au sein de la Fédération des Partis Verts Européens, puis du PVE, depuis plus de quinze ans. Après une longue période dédiée, à la construction d'un outil politique qui dépasse nos frontières au sein des Globals Greens ou du Parti Vert Européen, me voici maintenant à l'assaut des institutions. J'essayerai de vous tenir le plus régulièrement possible informés, et je vous invite d'ores et déjà à vous inscrire aux Journées d'Etés, à Nîmes, dans notre Eurorégion et dans la ville de mon camarade Silvain Pastor, où nous pourrons plus longuement échanger.

Amicalement,

Catherine Grèze
Par Le Pic Vert
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