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RÉGIONALES. Ils affichent leur ambition : deux élus gersois en mars
Un peu de piment dans cette campagne pour les élections régionales ? En voilà ! Avec dans le rôle du grain de sel, les Verts. Forts de leur succès retentissant lors des dernières élections européennes, ils partent à l'abordage des bastions traditionnels, UMP et PS notamment.
En Midi-Pyrénées, c'est Gérard Onesta, vice-président du Parlement européen, qui devrait mener la bataille à la tête de la liste Europe Écologie. Un rassemblement qui entend surfer sur son succès de 2009. Dans le Gers, depuis le week-end dernier, les Verts sont à l'ouvrage. « Dans un premier temps, explique Fatma Adda, nous avons désigné ceux qui représenteront les Verts au sein d'Europe Écologie (ndlr : Fatma Adda, David Pomiès et Mohamed Guermat, plus un quatrième à choisir), puis nous accueillerons trois représentants associatifs hors Verts. Nous serons donc sept sous la bannière Europe Écologie. »
Leur stratégie ? « Nous sommes dans une autre situation que lors des européennes pour lesquelles les « grands » partis s'étaient peu mobilisés. À nous de convaincre notre électorat, et au-delà, que nous sommes capables de travailler sur des dossiers sensibles et qu'en matière d'environnement, il vaut mieux se tourner vers l'original que la copie. On ne peut être à la fois le Monsieur Environnement d'un grand parti et clamer que la 2 x 2 voies Auch -Toulouse est le dossier de sa vie. »
Une alliance ?
Un coup de pied à peine voilé en direction du PS mais l'UMP ne sera pas en reste : « Ce sera beaucoup plus difficile que pour les européennes. Là, les notables vont se battre pour leurs sièges. »
Les Verts et plus largement Europe Écologie, ne cachent pas leur ambition. « Nous espérons décrocher deux sièges, lâche Fatma Adda. Les sondages qui courent actuellement sont plutôt favorables, s'enthousiasme la jeune femme. Nous ne serions pas très loin du PS, quant à l'UMP, même si elle est devant, elle n'aura pas de rebond possible au second tour ».
Est-ce à dire que les Verts d'Europe Écologie imaginent déjà l'éventualité d'alliance au second tour avec le PS ? « De toute façon, une alliance n'est envisageable qu'autour de notre programme. » Quant à l'intransigeante candidate, elle concède qu'elle ne refuserait pas une tête liste dans le département. Une chose est sûre, la liste Europe Écologie pourrait décrocher un siège en mars prochain. Reste à savoir à quelle autre liste il fera défaut.
Nicolas Sarkozy doit rendre les derniers arbitrages sur la création de la taxe carbone d’ici ce week-end. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Jean-Paul Besset, député européen, qui seront reçus aujourd’hui à l’Elysée, réitèrent leur demande d’une restitution intégrale de la taxe sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus et de transports, d’éloignements domicile-travail.
Ce texte est publié dans La Tribune du 3 septembre 2009
Le dérèglement climatique n’est pas une menace lointaine. Dès aujourd’hui, à coups de sécheresses, inondations, tempêtes, incendies, il frappe des millions de personnes, pour la plupart les plus fragiles. En cause : nos consommations d’énergie, émettrices de gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi l’instauration d’une contribution climat-énergie est nécessaire en France, en Europe et à l’échelle de la planète. La fiscalité peut être un outil puissant de réorientation écologique de l’économie ; la contribution climat-énergie - ou "taxe carbone" - en est l’un des éléments fondamentaux. Pour être socialement juste et écologiquement efficace, elle doit remplir plusieurs conditions.
D’abord, son taux doit être élevé et sa hausse progressive annoncée, pour inciter les ménages et les entreprises à adopter progressivement des modes de production et de consommation plus économes en énergie. Le rapport Rocard avait retenu 32 euros par tonne de CO2 en 2010, pour parvenir à 100 euros en 2030. Ce chiffre de 32 euros était déjà le fruit d’un compromis mais le gouvernement propose aujourd’hui d’abaisser ce prix à 15 euros la tonne. A ce niveau, la contribution perd toute efficacité : elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens.
En outre, même si le produit de la taxe est intégralement reversé - et reste à savoir sous quelles forme -, le volume à redistribuer sera moins important. Pour que la taxe carbone soit - aussi - un instrument de justice fiscale, son montant doit être élevé : on collecte davantage, donc on peut redistribuer davantage à ceux qui en ont le plus besoin.
Ensuite, la contribution climat-énergie doit porter sur l’ensemble des gaz à effet de serre (GES), et pas seulement sur le CO2. Il s’agit de prendre en compte notamment le méthane (18% des émissions de GES) ou le protoxyde d’azote (9% des émissions). L’agriculture et l’élevage, particulièrement concernés, doivent être partie prenante dans la lutte contre le changement climatique. De même, l’industrie ne doit pas échapper à la taxe tant qu’elle bénéficie d’un système de quotas gratuits : le principe du pollueur-payeur, qui seul permet d’encourager les changements, doit s’appliquer intégralement.
Il est par ailleurs crucial d’intégrer les consommations d’électricité dans l’assiette de la contribution. Une taxe strictement assise sur les rejets de carbone risquerait de reporter mécaniquement les consommations vers l’électricité, au risque d’augmenter encore la production d’électricité à base de charbon ou le recours au chauffage électrique, aberration énergétique et trappe à endettement pour les ménages modestes vivant dans des logements mal isolés.
Enfin, il est indispensable que le produit de la collecte soit orienté vers la lutte contre le dérèglement climatique. La contribution climat-énergie ne peut pas être le moyen de remplir des caisses de l’Etat vidées par le bouclier fiscal et les politiques de relance à l’aveugle. Le produit de la contribution climat-énergie doit donc être intégralement reversé sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus, d’infrastructures de transport, d’éloignement domicile-travail... Il ne s’agit pas, pour nous, de "plus d’impôts", et encore moins sur les plus fragiles, mais de "mieux d’impôt", afin de changer à la fois nos modes de vie et de redistribuer du pouvoir d’achat à celles et ceux pour lesquels la situation est aujourd’hui la plus difficile, et qui sera plus difficile encore si l’on ne fait rien.
La contribution climat-énergie n’est bien sûr pas une solution miracle. Elle n’est qu’un des éléments d’une politique globale de lutte contre le changement climatique, qui suppose d’autres choix que ceux portés par l’actuelle majorité. Mais face à la menace climatique, nous préférons les pas en avant aux plus belles des promesses. Il est trop tard pour esquiver nos responsabilités, trop tard pour reporter une fois encore les décisions douloureuses sur celles et ceux qui viendront après nous. Il faut des actes, maintenant.
Cécile Duflot et Jean-Paul Besset
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