Un petit tour sur le web

Jeudi 12 novembre 2009
Discours d'Albert Jacquard lors du forum des sans, à Beaubourg , pendant les grèves anti-Juppé de novembre et décembre 1995 : "La décroissane, c'est aller de l'avant dans le sens du développement,... "
Bientôt 15 ans qu'Albert Jacquard faisait ce discours qui nous semble tellement d'actualité aujourd'hui...
Bientôt 15 ans de perdus, beaucoup plus même puisque nous sommes pris aujourd'hui dans une fuite en avant, un tourbillon qui emporte tout ce qui avait été mis en place et qui rend la société plus folle de jour en jour.

Par Le Pic Vert
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Samedi 31 octobre 2009
Par Le Pic Vert
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Mercredi 21 octobre 2009

NOUVELOBS.COM | 21.10.2009 | 09:50

Une note du préfet des Côtes d'Armor confirme la responsabilité de pratiques agricoles, lentes à faire évoluer, dans l'installation dans la durée du phénomène des algues vertes.

Manifestation contre la prolifération des algues vertes (AFP)

Manifestation contre la prolifération des algues vertes (AFP)


L
e phénomène des algues vertes en Bretagne ne peut que "perdurer" car la profession agricole "n'est pas prête" à "accepter un changement profond des pratiques", écrit le préfet des Côtes d'Armor, Jean-Louis Fargeas, dans une note révélée par Le Télégramme et Ouest-France.
Cette note "confidentielle" datée du 4 septembre, publiée par les sites internet des deux quotidiens, a été adressée au Premier ministre, au ministre de l'Intérieur, et à la secrétaire d'Etat à l'Ecologie, apprend-on mercredi 21 octobre.
"La diminution visible et notable de ce phénomène ne pourra passer que par un changement profond des pratiques agricoles sur les secteurs concernés, ce que la profession agricole n'est pas prête à accepter pour le moment", écrit le préfet. Le phénomène des algues vertes, apparu dans les années 70, est dû à l'apport de nitrates issus de l'agriculture.

Révolutionner les pratiques agricoles


"Il s'agit de révolutionner sur ces secteurs (...) les pratiques agricoles et changer complètement le modèle économique existant", ajoute cette note. "Cette évolution n'est pas envisageable pour le moment, le phénomène des algues vertes ne peut donc que perdurer", poursuit la note.
Pointés du doigt depuis des années, les agriculteurs bretons ont récemment redit qu'ils refusaient d'être les seuls "boucs émissaires" et insistent sur l'évolution de leurs pratiques et les efforts réalisés.
Une mission interministérielle sur la prolifération des algues vertes est en cours et devra remettra ses conclusions à François Fillon en décembre.

L'Etat mis en cause


"Afin d'éviter que l'Etat soit de nouveau mis en cause (il a été condamné par le tribunal administratif en 2007, ndlr) et pour obtenir des résultats en la matière, il importe néanmoins d'afficher une politique volontariste pérenne" pour stabiliser ou limiter ce phénomène, écrit encore le préfet.
La mission avait été décidée après la confirmation fin août par un rapport que l'hydrogène sulfuré, un gaz qui émane notamment des algues vertes en décomposition, pouvait être "mortel" en cas de concentration importante. Ce rapport faisait suite à la mort d'un cheval fin juillet sur une plage de Saint-Michel-en-Grève (Côtes-d'Armor).

(Nouvelobs.com avec AFP)
Par Le Pic Vert
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Mercredi 7 octobre 2009
Je sais, c'est long !
Mais, éteignez la télé (mais si, mais si, vous regardez comme tout le monde cette lucarne abrutissante), installez-vous confortablement dans votre fauteuil et cliquez sur les liens suivants...

Première partie : clic.

Seconde partie : clic.

Alors ?
Par Le Pic Vert
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Mercredi 30 septembre 2009

C’est un plan social qui dure depuis quarante ans et se mesure en dizaines de milliers d’emplois détruits chaque année. En France, une exploitation agricole disparaît toutes les vingt minutes. La routine. La « disparition des paysans », maintes fois énoncée, n’est même plus digne d’attention.

La « modernisation » est à ce prix : on dégraisse ! La gestion des crises agricoles consiste donc pour l’essentiel à organiser la sortie du métier d’un nombre toujours plus grand d’agriculteurs, en attendant la prochaine crise et une nouvelle vague de départs.

Dans tout autre secteur d’activité, on jugerait un tel effondrement insoutenable. S’agissant des paysans, pas d’indignation. La faiblesse de la paysannerie fait, paraît-il, la force d’une économie moderne. Ainsi le philosophe Marcel Gauchet se réjouissait-il, en 1990, « de voir s’éteindre l’une des espèces les plus irréductiblement rebelles à l’esprit authentique de la démocratie ». Une fois le paysan disparu, l’entrepreneur agricole pouvait entrer sur la scène de l’histoire. Libre, conquérant et moderne.

On a donc modernisé, sous l’égide conjointe de la Politique agricole commune (PAC), de l’Etat et la puissante FNSEA. On a choisi de « monter dans le train du progrès » et d’en débarquer sans ménagement ceux qui ne tenaient pas la cadence, ces « célébrants niais de la convivialité villageoise » (Gauchet, toujours), réactionnaires patentés et probables handicapés de la compétition globale.

 Produire, produire toujours plus

Il fallait produire, produire toujours plus et dans des fermes toujours plus grandes. Le mot d’ordre est toujours d’actualité. Tant pis -tant mieux, même- si les fermes sont moins nombreuses ; tant pis si cette course insensée provoque la chute des cours : on compensera les pertes par l’augmentation des volumes ! Et si les pertes sont trop lourdes, les entrepreneurs dynamiques peuvent espérer le secours de la puissance publique, qui épongera les pertes.

Les génies de la finance priant, pitoyables, les Etats de combler les trous qu’ils ont creusés n’ont rien inventé. Tout aussi fermement convaincus que les traders des vertus de la dérégulation, les mastodontes de l’agriculture officielle connaissent les miracles de l’intervention publique, lorsqu’elle socialise les pertes et laisse les bénéfices privatisés.

C’est ainsi que chaque crise fabrique les conditions de la suivante : l’élimination des producteurs les plus touchés rend possible l’augmentation des capacités de production de ceux qui restent. Toujours plus de volumes, sur des marchés toujours plus saturés. Lorsque les marchés intérieurs n’en peuvent plus, les aides publiques soutiennent l’écoulement à bas prix sur des marchés étrangers, quel qu’en soit le coût pour les producteurs locaux.

Et lorsque cela ne suffit plus, la crise. Colère. Mouvements. Mine contrite du ministre du moment, qui s’affiche compréhensif. Déblocage des « réponses d’urgence » puis aides, forcément, à la « cessation d’activité ». Moins d’exploitations, solution récurrente des règlements de crise, au bénéfice des toujours plus gros, qui rêvent leur ferme en usine, et de l’aval de la filière, transformateurs et distributeurs, dont le chiffre d’affaires monte à mesure que baisse le nombre de producteurs.

  La modernisation s’est retournée contre les fermiers

C’est ainsi, depuis des années, que les Commissions départementales d’orientation agricole (CDOA) approuvent l’agrandissement de structures aux montages technico-économiques fragiles. Car, outre qu’elle provoque de lourds dommages environnementaux et sanitaires, cette échappée perpétuelle vers le gigantisme des exploitations a ses revers économiques.

En permanence poussé à l’investissement, contraint de faire plus grand, plus mécanisé, plus intensif, l’entrepreneur agricole voit augmenter ses coûts de production bien plus vite que ses prix de vente. La plupart de ces « entrepreneurs » voulaient de bonne foi le développement, la modernisation, la technique, et s’affranchir de la vieille condition paysanne pour « vivre comme dans les autres métiers ». La modernisation s’est retournée contre eux : les fermes sont plus grandes, mais les fermiers ne sont pas mieux portants.

Trois petites fermes valent mieux qu’une grande, lançait hier la Confédération paysanne. L’histoire rend justice à cette formule. Dans le paysage sinistré de la production laitière, ceux qui s’en sortent sont ceux qui ont construit « à côté » des standards, ont délibérément choisi une autre voie, plus modeste, que celle où poussaient les conseillers et les techniciens officiels : praticiens de l’agriculture durable et pionniers de la bio, longtemps ringardisés en babas-cool nostalgiques et désormais salués pour avoir vu juste.

En revendiquant le maintien des quotas laitiers, c’est-à-dire la maîtrise de la production, les « grévistes du lait » reprennent leurs mots d’ordre. En cela, ce mouvement est l’une des rares bonnes nouvelles des dernières années en agriculture. En se voulant dès son origine une lutte de dimension européenne, elle dément l’idée qu’on pourrait résoudre les problèmes en divisant entre eux les agriculteurs français, allemands, italiens, polonais…

Elle réaffirme l’urgence d’une réforme de la Politique agricole commune, qui renforce les outils de régulation des marchés, favorise l’emploi paysan plutôt que les marges des industries agro-alimentaires, et préserve les ressources naturelles.

 Engager sans tarder la transition de notre agriculture

En se révoltant contre la hiérarchie du syndicalisme majoritaire, les grévistes démontrent qu’ils ne sont plus dupes d’un système qui dévore ses propres enfants. Ils rompent, d’une façon encore ténue mais qu’on espère tenace, avec le productivisme et les illusions de grandeur que beaucoup d’entre eux, sans doute, ont hier partagées.

De tout cela, il faudra bien tirer des conclusions. Si l’on veut répondre à cette crise sans créer les conditions des suivantes, il faudra suivre l’accablant constat de Nicolas Hulot : « Le modèle économique dominant n’est plus la solution, mais bien le problème. »

Et engager sans tarder la transition de notre agriculture vers les pratiques portées par ceux et celles qui les premiers ont perçu que la modernisation agricole s’était emballée, causant davantage de dommages que de bien-être. Qui ont montré, sur leurs exploitations, qu’une agriculture tout à la fois économe des ressources, protectrice de l’environnement et créatrice d’emploi et de valeur ajoutée était possible.

Il est encore temps de les écouter, si l’on veut éviter une prochaine crise, plus profonde encore.

François Dufour, syndicaliste paysan

Yannick Jadot, député européen Europe Ecologie

Mickaël Marie, secrétaire national adjoint des Verts

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Lundi 28 septembre 2009
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Mercredi 23 septembre 2009

Retrouvez l'intégralité de l'article en cliquant ici.

Dix élus socialistes et trois Verts ont lancé un "groupe d'action parlementaire sur l'écologie" afin d'élaborer des propositions communes sur la question.

Dix députés PS et leurs trois homologues Verts ont lancé mercredi 23 septembre à l'Assemblée un "groupe d'action parlementaire sur l'écologie", qui provoque des remous au sein du groupe PS.
"C'est un groupe qui a vocation à élaborer des propositions communes, le cas échéant des propositions de loi et des propositions d'amendements communs", a déclaré le député Vert François de Rugy lors d'une conférence de presse.
Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti (ex-Verts), Jean-Marie Le Guen (strauss-khanien) et Christophe Caresche font partie des députés PS membres de ce groupe ouverts à d'autres.

Taxe carbone

"Sur la taxe carbone, nous souhaitons avoir une position et des propositions communes", a ajouté François de Rugy. A ce sujet, un autre membre, le député PS Jean Launay, commence mercredi après-midi des auditions avec des associations.
"Beaucoup d'entre nous, députés et responsables socialistes, ressentent la nécessité de s'ouvrir", a déclaré Christophe Caresche, qui veut travailler sur des sujets "au cœur de la refondation d'un projet politique pour la gauche".

Légitimité

"On n'est pas dans un conflit de légitimité vis-à-vis du Parti socialiste", a assuré Aurélie Filippetti, une ex-proche de Ségolène Royal.
"Bien au contraire, sur la question de la taxe carbone, c'est nous qui portons le plus clairement la position du PS", ajoute-t-elle en référence à une "contribution climat énergie universelle".

(Nouvelobs.com)
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Mardi 22 septembre 2009

par Thierry Abrial, responsable de la commission "Développement durable" du PS en Ardèche.

Notre société est, paraît-il, celle de la liberté et de la vitesse.

L’imaginaire social associe la liberté à la bagnole, car celle-ci permettrait à l’individu d’être indépendant ou autonome en se soustrayant aux contraintes des transports collectifs. Etonnant ! Le mythe de la bagnole a modifié l’urbanisme et l’habitat, rendu obligatoire des modes vies aliénés à la voiture. Elle a rendu inhabitable les villes au point que les gens n’ont plus envie d’y habiter et souhaitent fuir toujours plus loin …et pour cela font appel à la bagnole. La bagnole a ainsi tué la ville pour la transformer en des métropoles toujours plus étalées le long d’axes routiers où s’alignent des pavillons tous semblables au gré des modes consuméristes et des zones de hangars métalliques, les nouveaux temples de la consommation. Cet étalement, de plus en plus hypertrophié, ne permet plus dans les grandes agglomérations la mise en œuvre de solutions alternatives comme la bicyclette, les bus, le tramway …accessibles à tous.

D’autre part le propriétaire de bagnole imagine que son véhicule lui permet une vitesse de transport incomparable à d’autres moyens. Cela dépend comment le calcul est fait. Si nous raisonnons globalement nous arrivons au résultat suivant ; pour parcourir de 10000 à 15000 kms par an il est nécessaire de consacrer environ 1500 heures à son véhicule qui se répartissent :

-         les heures passées derrière le volant à rouler et dans les embouteillages

-         les heures de travail nécessaires pour payer son véhicule

-         les heures de travail nécessaires pour payer le carburant

-         les heures de travail nécessaires pour payer l’entretien (les pneus, les maintenances …)

-         les heures de travail pour payer l’assurance, le garage …

-         les heures de travail pour payer la part des impôts nécessaires à la collectivité pour déployer et entretenir les réseaux routiers

-         …

Soit une vitesse moyenne comprise entre 6 et 10 km/h, c’est à dire celle d’un cycliste …qui prend le temps de regarder le paysage. On peut pousser le raisonnement plus loin en affirmant que plus les voitures sont puissantes plus elles sont onéreuses et donc moins rapides que les petites voitures. Ce raisonnement démontre les absurdités de notre système prétendu rationnel, la logique économique aurait du nous orienter vers les transports collectifs pour la grande masse des déplacements et vers l’automobile pour quelques cas comme les urgences. La crise écologique et sociale qui s’amorce va nous y obliger, mais le prix à payer sera lourd d’autant plus que les décisions tarderont ...d'autant plus que nous ne sommes pas encore prêts à assumer nos contradictions.

 

Le Pic Vert qui a définitivement perdu ses plumes rouges n'a pas fait l'acquisition d'une moumoute rose, il trouve cependant cet article de son goût, alors... il le dit !

N.B. - L'estimation de vitesse moyenne d'un cyclitste est nettement en dessous de la réalité, même à son âge les gambettes du Pic Vert le propulsent encore au moins deux fois à trois fois plus vite...

 

Par Le Pic Vert
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Mercredi 16 septembre 2009

Tribune de Jean-Marc Jancovici parue dans Le Figaro le 9 septembre 2009

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com
***

« Une taxe carbone ? Pouah, une taxe ! ». Ainsi aurait sûrement parlé Jacquouille dans « Les Visiteurs à Bercy », tellement cette idée semble particulièrement incongrue dans la conjoncture actuelle. En fait, le débat a surtout particulièrement mal démarré dans une classe politique encore trop peu à l’aise avec les enjeux.

Il est évident que les apparences sont trompeuses : pourquoi diantre Nicolas Hulot irait-il risquer sa réputation d’homme le plus sympathique du pays s’il n’était profondément convaincu que c’est avec la promotion de cette fameuse taxe qu’il méritera le mieux - peut-être avec retard ! - l’estime que la population lui porte ?

Au début de l’affaire, il y a un constat simple : l’énergie est par définition la grandeur qui accompagne tout changement dans le monde physique. Il n’y a donc pas d’activité humaine - et a fortiori d’activité économique - sans énergie, dont l’histoire montre qu’elle joue un rôle central dans l’évolution des peuples. La crise de 2009 n’est que la conséquence logique de la hausse du pétrole entre 2000 et 2008, qui est venue faire vaciller un endettement qui autrement serait passé comme une lettre à la poste. Dans le monde, cette énergie vient essentiellement du pétrole (35%), du gaz (20%), et du charbon (25%). Or selon Shell, Total, ou l’Agence Internationale de l’Energie, le plus probable pour les 20 prochaines années est un approvisionnement pétrolier et gazier de plus en plus incertain : le déclin de la production pétrolière commencera d’ici 5 à 15 ans, et il en ira de même pour le gaz 5 à 10 ans après (et le charbon 40 ans après). Tout notre système socioéconomique reposant aujourd’hui sur l’énergie abondante et à bas prix, une telle évolution dans un monde non préparé menace du premier au dernier lecteur de ce journal, du Lillois au Marseillais, du chômeur au cadre : ce n’est pas juste un problème de riches.

Puis vient le climat. 5°C d’élévation de la moyenne planétaire, c’est ce qui s’est passé lors du passage de l’ère glaciaire (France incultivable, Grenoble sous la glace, mer plus basse de 100 mètres) à l’époque que nous connaissons actuellement. Sauf qu’en provoquant une telle transition en un siècle au lieu des 10.000 ans au moins que cela prend « naturellement », nous appliquerons à 9 milliards d’hommes sédentaires une telle déstabilisation (pénuries alimentaires, maladies, destructions d’infrastructures, exodes, guerres, etc) que la démocratie, l’espérance de vie et la paix n’y résisteraient probablement pas.

Eloigner cette double menace, probablement un peu plus gênante que de payer son essence ou son gaz plus chers, là est toute la finalité de la taxe carbone, ou contribution énergie climat. La hausse de prix délibérée permettra d’éviter ou d’anticiper les difficultés qui nous attendent. Le mécanisme n’est pas nouveau : augmenter le prix des cigarettes fait baisser la consommation, et majoritairement les Français le comprennent. Mais ce que mes concitoyens sous-estiment encore, c’est la gravité et l’imminence du problème. Ainsi, 2/3 des Français pensent qu’ils font déjà assez d’efforts pour économiser l’énergie. Or l’objectif à atteindre, tant pour des raisons climatiques qu’énergétiques, est de diviser par 4 la consommation de pétrole et de gaz par individu en 20 à 40 ans. A l’évidence, cet objectif ne sera pas atteint en se limitant aux efforts actuels, ou en taxant juste les « riches ». Par contre, ne pas l’atteindre fera d’abord souffrir les moins riches, au travers des crises et déstabilisations qui en seront la conséquence.

Tous ceux qui ont pris le temps de se pencher en détail sur le problème convergent sur la solution. En 15 jours - du jamais vu ou presque sur un sujet fiscal - les membres de la Commission Rocard, mêlant experts, représentants d’entreprises, syndicalistes, consommateurs, pouvoirs publics, politiques, qui avaient tous en commun une connaissance minimale du contexte pétrolier et climatique, ont débouché de manière unanime sur la préconisation d’une mesure (la fiscalité), d’un horizon de temps (dire ce que l’on va faire sur 20 ans), d’une progressivité (passer de 32 à 100 euros la tonne de CO2, voire plus s’il le faut), et d’une règle de gestion (n’exonérer personne et aider les plus touchés autrement).

Seule l’affectation est restée en débat. Elle n’est pas toute la mesure, mais pourtant elle conditionne son acceptabilité sociale : 2/3 des Français sont opposés à la taxe carbone… sauf en cas de restitution partielle aux ménages (dont la forme peut se discuter), auquel cas plus de la moitié devient favorable ! C’est bien le signe qu’il y a moyen de trouver un chemin, pour le plus grand bénéfice de tous. Une solution serait de pérenniser une forme de commission Rocard, pour garantir dans le temps qu’il n’y aura pas de dévoiement. L’irruption du carbone dans la fiscalité ordinaire est un rendez-vous historique. Ne le ratons pas.

Par Le Pic Vert
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Mercredi 2 septembre 2009

PARIS - Pascal Canfin, député européen d'Europe-Ecologie, a estimé mardi que le gouvernement s'apprêtait à "créer une injustice" concernant la taxe carbone, jugeant qu'une "autre taxe carbone" est "possible" par la création d'un "chèque vert" de redistribution aux ménages.

"Il ne s'agit pas de se battre contre la taxe carbone qui est un instrument indispensable pour lutter contre le changement climatique, mais de se battre pour une compensation intégrale de ses recettes", écrit-il dans un communiqué, jugeant que le gouvernement "s'apprête à créer une injustice".

"Une autre taxe carbone est pourtant possible. Avec la Fondation Nicolas Hulot, les Verts sont favorables à la redistribution aux ménages de l'intégralité, ou au moins de la plus grande part, de la contribution climat énergie sous la forme d'un chèque vert", poursuit-il.

Le chèque vert qui servirait par exemple à "payer les transports en commun, acheter des produits disposant de l'écolabel européen", permettrait de "démocratiser l'accès aux produits verts tout en contribuant à la conversion écologique de nos modes de consommation sans perte de pouvoir d'achat", selon M. Canfin qui y voit une "façon de sortir de l'impasse dans laquelle s'est mis le gouvernement, sans démagogie".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé fin août qu'elle n'était "pas sûre que le chèque vert soit la meilleure idée".

 

(©AFP / 01 septembre 2009 13h28)

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