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Les agriculteurs larbins des multinationales...

Publié le par Le Pic Vert


à M. Christian Laforêt, Président des productions animales à Vivadour


Nos parents ou grands-parents agriculteurs avaient créé des coopératives, aujourd'hui elles sont devenues des monstres !
Répondant à des questions de La Dépêche du Midi (samedi 14 novembre), Christian Laforêt (président des productions animales à Vivadour) nous décrit son plan pour tirer l'agriculture du bourbier dans lequel elle patauge.
Morceaux choisis : "On considère que l'agriculture ne peut fonctionner qu'en filières, l'agriculteur se retrouve dans un secteur coopératif qui s'investit dans les maillons amont et aval. (...) L'objectif est de planifier. Jusqu'à présent, un agriculteur appelait les acheteurs pour dire qu'il avait un veau et voir les prix. Quant un poussin est mis en place dans un poulailler il est déjà vendu". "L'objectif n'est pas que l'agriculteur se concentre sur la négociation du prix de vente mais sur son métier de base, produire".
Quant un responsable de coopérative tient un tel langage on ne peut que constater que l'idée de départ (Dans un système basé sur la coopération, les différents acteurs travaillent dans un esprit d'intérêt général de tous les acteurs. Cela suppose un certain degré de confiance et de compréhension. La coopération est antagoniste à la concurrence) a aujourd'hui accouché d'une monstruosité !
Car, de fait, quel est le système proposé ?
- En amont : On crée la dépendance. Il s'agit de pousser l'agriculteur à investir (bâtiments - crédits) en lui faisant miroiter des revenus importants, on va lui fournir animaux et aliments, l'appui technique (celui qui le mettra dans les bras de ses fournisseurs, pieds et poings liés).
- En aval : "quand un poussin est mis dans un poulailler il est déjà vendu", "l'objectif n'est pas que l'agriculteur se concentre sur la négociation du prix de vente"... Ben non alors, il pourrait se montrer exigeant le bougre !
- Entre les deux : il y a le travail, le métier de l'agriculteur. Quelle est sa reconnaissance, quelle est sa rétribution ? Aucune ! Absolument aucune ! Il est là pour produire, produire toujours plus, dans les conditions imposées ou... déposer le bilan !
La boucle est bouclée.
Comment peut-on supporter un tel mépris de la part d'un système que l'on a contribué à mettre en place ? Comment peut-on accepter cet asservissement sans se révolter ?
A propos de révolution, il en est une (douce, rassurez-vous), qui pourrait être salutaire pour notre agriculture : la création de coopératives !

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