Le bec des autres...

La petite phrase qui amuse le Pic Vert...

"J’étais haut fonctionnaire à Bercy en charge des dossiers environnement sous Jospin et je voyais Dominique Voynet, ministre de l’Ecologie, perdre systématiquement ses arbitrages pour des raisons politiciennes."

Nathalie Kosciusko-Morizet
Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /2009 16:12

Tribune de Jean-Marc Jancovici parue dans Le Figaro le 9 septembre 2009

site de l'auteur : www.manicore.com - contacter l'auteur : jean-marc@manicore.com
***

« Une taxe carbone ? Pouah, une taxe ! ». Ainsi aurait sûrement parlé Jacquouille dans « Les Visiteurs à Bercy », tellement cette idée semble particulièrement incongrue dans la conjoncture actuelle. En fait, le débat a surtout particulièrement mal démarré dans une classe politique encore trop peu à l’aise avec les enjeux.

Il est évident que les apparences sont trompeuses : pourquoi diantre Nicolas Hulot irait-il risquer sa réputation d’homme le plus sympathique du pays s’il n’était profondément convaincu que c’est avec la promotion de cette fameuse taxe qu’il méritera le mieux - peut-être avec retard ! - l’estime que la population lui porte ?

Au début de l’affaire, il y a un constat simple : l’énergie est par définition la grandeur qui accompagne tout changement dans le monde physique. Il n’y a donc pas d’activité humaine - et a fortiori d’activité économique - sans énergie, dont l’histoire montre qu’elle joue un rôle central dans l’évolution des peuples. La crise de 2009 n’est que la conséquence logique de la hausse du pétrole entre 2000 et 2008, qui est venue faire vaciller un endettement qui autrement serait passé comme une lettre à la poste. Dans le monde, cette énergie vient essentiellement du pétrole (35%), du gaz (20%), et du charbon (25%). Or selon Shell, Total, ou l’Agence Internationale de l’Energie, le plus probable pour les 20 prochaines années est un approvisionnement pétrolier et gazier de plus en plus incertain : le déclin de la production pétrolière commencera d’ici 5 à 15 ans, et il en ira de même pour le gaz 5 à 10 ans après (et le charbon 40 ans après). Tout notre système socioéconomique reposant aujourd’hui sur l’énergie abondante et à bas prix, une telle évolution dans un monde non préparé menace du premier au dernier lecteur de ce journal, du Lillois au Marseillais, du chômeur au cadre : ce n’est pas juste un problème de riches.

Puis vient le climat. 5°C d’élévation de la moyenne planétaire, c’est ce qui s’est passé lors du passage de l’ère glaciaire (France incultivable, Grenoble sous la glace, mer plus basse de 100 mètres) à l’époque que nous connaissons actuellement. Sauf qu’en provoquant une telle transition en un siècle au lieu des 10.000 ans au moins que cela prend « naturellement », nous appliquerons à 9 milliards d’hommes sédentaires une telle déstabilisation (pénuries alimentaires, maladies, destructions d’infrastructures, exodes, guerres, etc) que la démocratie, l’espérance de vie et la paix n’y résisteraient probablement pas.

Eloigner cette double menace, probablement un peu plus gênante que de payer son essence ou son gaz plus chers, là est toute la finalité de la taxe carbone, ou contribution énergie climat. La hausse de prix délibérée permettra d’éviter ou d’anticiper les difficultés qui nous attendent. Le mécanisme n’est pas nouveau : augmenter le prix des cigarettes fait baisser la consommation, et majoritairement les Français le comprennent. Mais ce que mes concitoyens sous-estiment encore, c’est la gravité et l’imminence du problème. Ainsi, 2/3 des Français pensent qu’ils font déjà assez d’efforts pour économiser l’énergie. Or l’objectif à atteindre, tant pour des raisons climatiques qu’énergétiques, est de diviser par 4 la consommation de pétrole et de gaz par individu en 20 à 40 ans. A l’évidence, cet objectif ne sera pas atteint en se limitant aux efforts actuels, ou en taxant juste les « riches ». Par contre, ne pas l’atteindre fera d’abord souffrir les moins riches, au travers des crises et déstabilisations qui en seront la conséquence.

Tous ceux qui ont pris le temps de se pencher en détail sur le problème convergent sur la solution. En 15 jours - du jamais vu ou presque sur un sujet fiscal - les membres de la Commission Rocard, mêlant experts, représentants d’entreprises, syndicalistes, consommateurs, pouvoirs publics, politiques, qui avaient tous en commun une connaissance minimale du contexte pétrolier et climatique, ont débouché de manière unanime sur la préconisation d’une mesure (la fiscalité), d’un horizon de temps (dire ce que l’on va faire sur 20 ans), d’une progressivité (passer de 32 à 100 euros la tonne de CO2, voire plus s’il le faut), et d’une règle de gestion (n’exonérer personne et aider les plus touchés autrement).

Seule l’affectation est restée en débat. Elle n’est pas toute la mesure, mais pourtant elle conditionne son acceptabilité sociale : 2/3 des Français sont opposés à la taxe carbone… sauf en cas de restitution partielle aux ménages (dont la forme peut se discuter), auquel cas plus de la moitié devient favorable ! C’est bien le signe qu’il y a moyen de trouver un chemin, pour le plus grand bénéfice de tous. Une solution serait de pérenniser une forme de commission Rocard, pour garantir dans le temps qu’il n’y aura pas de dévoiement. L’irruption du carbone dans la fiscalité ordinaire est un rendez-vous historique. Ne le ratons pas.

Par Le Pic Vert - Publié dans : Un petit tour sur le web
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Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /2009 18:20
Comme tout le monde Le Pic Vert n'entend parler que de "Taxe carbone" ces jours-ci. La plus grande cacophonie est la règle dans la plupart des partis politiques, au PS surtout (mais est-ce encore un parti politique ? - il ressemble plutôt à une cavalcade de chevaux de course lancés à bride abattue vers 2012 et, comme pour les chevaux les œillères les empêchent de voir la réalité alors, ils se dirigent à coup de phrases assassines, de coups bas et de sondages, au son des acclamations des adhérents de chaque écurie pariant chacun sur la victoire de son poulain)...
D'une grande tristesse !
Dans la majorité on ne fait pas non plus preuve d'un grand courage politique. Comme sur la plupart des sujets on lance des ballons (vers le bas, vers le peuple et puis... on sonde !) et les médias affamés se repaissent des réactions. On dit tout et n'importe quoi et puis quand ça va trop loin le petit Nicolas surgit sur ses talonnettes pour remettre tout le monde au pas... Il va décider, le petit Nicolas, il n'a pas besoins du parlement (d'ailleurs à quoi sert le parlement aujourd'hui ?).
D'une grande tristesse !
Et les français alors, les français ils font quoi pendant ce temps ? Eh bien, ils sont partis en vacances (moins loin mais plus nombreux - et oui, ceux qui sont touchés par la crise ne pouvaient déjà pas partir avant, alors cela ne change rien !), ils reviennent et on leur dit qu'ils vont avoir une nouvelle taxe à payer... Alors ils n'en veulent pas, bien sûr ! On a même entendu un syndicat agricole (à vous de deviner lequel...) demander l'exonération de cette taxe qui n'existe pas encore et dont on ne connaît quasiment rien de son application ou son montant. Pensez-donc, peut-être 3 centimes d'euros par litre de carburant, avec un gros 4x4, ça va chercher loin ! Et S'égo leur dit (comme Allègre, tiens, tiens...) que cette taxe est injuste, inefficace et bien plus encore, qu'elle a plein d'autres solutions et que l'on devrait faire la promotion des voitures électriques (tiens donc, une énergie propre maintenant ? - moins sale certes, lorsque, comme le disait fièrement Roselyne alors ministres de l'environnement : "le nucléaire sera une énergie propre lorsqu'on saura quoi faire des déchets" - certes, mais nous n'en sommes pas encore là...).
D'une grande tristesse !
75 % des français qui n'auraient rien compris de l'urgence de la situation (bien aidés par les calculs politiciens de certains), qui pensent encore qu'on va pouvoir continuer comme avant dès que la crise sera passée, sans se rendre compte qu'après avoir pillé la planète nous sommes en train d'assassiner nos enfants ! Bon, c'est vrai, ils n'auront pas à payer les montagnes de dettes que nous allons leur laisser...
D'une grande tristesse !
Mais, bon sang, il n'y aurait donc que les "écolos" (ceux par qui le scandale arrive - car là où il n'y a pas d'écolos il n'y a pas de problème écologique, c'est bien connu...) pour voir le désastre qui est devant nous ? Bien sûr que non, tout le monde le sait, mais les intérêts immédiats semblent incompatibles avec une transformation de nos modes de vie. Alors on va nous faire le coup d'une "petite taxounette", on va céder aux lobbyes (nucléaire, agricole, etc.), on va nous la faire la plus indolore possible et donc, pour le coup, très peu efficace... Mais enfin, chacun se plaît à louer le modèle suédois, mais eux ils s'y sont mis depuis longtemps : en 1992 leur taxe carbone était d'un montant équivalent à 15 euros, aujourd'hui elle est de 110 euros... Un peu partout en europe, avec des modalités d'application propres à chaque pays, une taxe d'un montant supérieur à celui que l'on nous propose existe depuis belle lurette ! Alors quand on parle d'un montant de 14 euros en France, aujourd'hui...
D'une grande tristesse !
Le Pic Vert vous propose la lecture d'une étude de Jean-Marc Jancovici qui date de 2003 et qui propose un montant bien différent...
Oh, on ne peut pas aller aussi loin sans une profonde refonte de nos modes de vie, bien entendu. Mais il faut impérativement "tendre vers", c'est une condition nécessaire (peut-être pas suffisante !) pour que nos enfants et petits-enfants puissent vivre sur notre planète terre que nous leur laissons à bout de souffle...
Si l'on veut prendre un virage salutaire avant le mur, c'est le prix qu'il faudra y mettre.
Alors toutes les tergiversation d'intérêt ou politiciennes auxquelles nous assistons aujourd'hui, l'inconscience et l'impréparation de l'opinion rendent Le Pic Vert d'une grande tristesse !
Par Le Pic Vert - Publié dans : Citoyenne
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 16:40
Une tribune de Cécile Duflot et Jean-Paul Besset

Nicolas Sarkozy doit rendre les derniers arbitrages sur la création de la taxe carbone d’ici ce week-end. Cécile Duflot, secrétaire nationale des Verts, et Jean-Paul Besset, député européen, qui seront reçus aujourd’hui à l’Elysée, réitèrent leur demande d’une restitution intégrale de la taxe sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus et de transports, d’éloignements domicile-travail.


Ce texte est publié dans La Tribune du 3 septembre 2009


Le dérèglement climatique n’est pas une menace lointaine. Dès aujourd’hui, à coups de sécheresses, inondations, tempêtes, incendies, il frappe des millions de personnes, pour la plupart les plus fragiles. En cause : nos consommations d’énergie, émettrices de gaz à effet de serre (GES). Voilà pourquoi l’instauration d’une contribution climat-énergie est nécessaire en France, en Europe et à l’échelle de la planète. La fiscalité peut être un outil puissant de réorientation écologique de l’économie ; la contribution climat-énergie - ou "taxe carbone" - en est l’un des éléments fondamentaux. Pour être socialement juste et écologiquement efficace, elle doit remplir plusieurs conditions.

D’abord, son taux doit être élevé et sa hausse progressive annoncée, pour inciter les ménages et les entreprises à adopter progressivement des modes de production et de consommation plus économes en énergie. Le rapport Rocard avait retenu 32 euros par tonne de CO2 en 2010, pour parvenir à 100 euros en 2030. Ce chiffre de 32 euros était déjà le fruit d’un compromis mais le gouvernement propose aujourd’hui d’abaisser ce prix à 15 euros la tonne. A ce niveau, la contribution perd toute efficacité : elle alourdit la facture des plus modestes sans dissuader les comportements les plus énergivores de ceux qui en ont les moyens.

En outre, même si le produit de la taxe est intégralement reversé - et reste à savoir sous quelles forme -, le volume à redistribuer sera moins important. Pour que la taxe carbone soit - aussi - un instrument de justice fiscale, son montant doit être élevé : on collecte davantage, donc on peut redistribuer davantage à ceux qui en ont le plus besoin.

Ensuite, la contribution climat-énergie doit porter sur l’ensemble des gaz à effet de serre (GES), et pas seulement sur le CO2. Il s’agit de prendre en compte notamment le méthane (18% des émissions de GES) ou le protoxyde d’azote (9% des émissions). L’agriculture et l’élevage, particulièrement concernés, doivent être partie prenante dans la lutte contre le changement climatique. De même, l’industrie ne doit pas échapper à la taxe tant qu’elle bénéficie d’un système de quotas gratuits : le principe du pollueur-payeur, qui seul permet d’encourager les changements, doit s’appliquer intégralement.

Il est par ailleurs crucial d’intégrer les consommations d’électricité dans l’assiette de la contribution. Une taxe strictement assise sur les rejets de carbone risquerait de reporter mécaniquement les consommations vers l’électricité, au risque d’augmenter encore la production d’électricité à base de charbon ou le recours au chauffage électrique, aberration énergétique et trappe à endettement pour les ménages modestes vivant dans des logements mal isolés.

Enfin, il est indispensable que le produit de la collecte soit orienté vers la lutte contre le dérèglement climatique. La contribution climat-énergie ne peut pas être le moyen de remplir des caisses de l’Etat vidées par le bouclier fiscal et les politiques de relance à l’aveugle. Le produit de la contribution climat-énergie doit donc être intégralement reversé sous forme de "chèques verts", en prenant en compte les disparités de revenus, d’infrastructures de transport, d’éloignement domicile-travail... Il ne s’agit pas, pour nous, de "plus d’impôts", et encore moins sur les plus fragiles, mais de "mieux d’impôt", afin de changer à la fois nos modes de vie et de redistribuer du pouvoir d’achat à celles et ceux pour lesquels la situation est aujourd’hui la plus difficile, et qui sera plus difficile encore si l’on ne fait rien.

La contribution climat-énergie n’est bien sûr pas une solution miracle. Elle n’est qu’un des éléments d’une politique globale de lutte contre le changement climatique, qui suppose d’autres choix que ceux portés par l’actuelle majorité. Mais face à la menace climatique, nous préférons les pas en avant aux plus belles des promesses. Il est trop tard pour esquiver nos responsabilités, trop tard pour reporter une fois encore les décisions douloureuses sur celles et ceux qui viendront après nous. Il faut des actes, maintenant.

Cécile Duflot et Jean-Paul Besset

Par Le Pic Vert - Publié dans : Revue de presse
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Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /2009 10:44
Motion de censure

Yves Cochet

Deuxième séance du mercredi 8 juillet 2009 - extrait du compte-rendu officiel :


M. le président. La parole est à M. Yves Cochet, pour le groupe de la Gauche démocrate et républicaine.

Mes chers collègues, si vous quittez l’hémicycle, je vous prie de le faire dans le silence et discrètement.

M. Jean-Paul Lecoq. Nous, nous étions restés pour écouter... Le respect, ça existe !

M. Yves Cochet. Monsieur le président, monsieur le Premier ministre, mesdames et messieurs les ministres, chers collègues, la motion de censure présentée par le groupe SRC est justifiée et nous la voterons.

Cependant, les raisons qui nous y incitent sont parfois différentes de celles évoquées par le président Fabius. Avec vous, je veux d’abord comprendre d’où vient la récession mondiale actuelle, en reconstituant l’enchaînement des causes et des conséquences, autrement dit en replaçant les dominos dans le bon ordre de leur chute.

L’hypothèse initiale est simple : si la dépense en énergie et en matières premières croît plus vite que le revenu, alors la part du revenu destinée aux autres dépenses décroît - par exemple les remboursements d’un emprunt contracté pour acheter un logement.

Or la stagnation, puis le déclin de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 ont entraîné la hausse rapide des produits pétroliers jusqu’en juillet 2008. Ainsi, dès l’été 2007, la crise des crédits hypothécaires - les subprimes - émerge de l’incapacité des ménages les moins riches à rembourser leurs emprunts...

M. Jean-Pierre Brard. Parce qu’il n’y a pas de justice sociale !

M. Yves Cochet. À budget domestique égal, ces ménages ont restructuré leurs dépenses en continuant d’acheter l’obligatoire plus cher - les carburants ou l’alimentation par exemple - et en économisant sur le non-obligatoire - les remboursements des emprunts immobiliers, par exemple.

M. Jean-Pierre Brard. Vous n’avez pas d’hameçon, au Gouvernement ? Parce que celui-là, on vous le donne !

M. Yves Cochet. De même, au printemps 2008, les émeutes de la faim étaient aussi une conséquence, dans le secteur alimentaire, de la hausse des produits pétroliers dont dépend lourdement l’agriculture productiviste : le machinisme, les engrais, les pesticides et autres dépenses.

En outre, la raréfaction du brut a amplifié la production d’agrocarburants en lieu et place de l’agriculture alimentaire. Ce n’était plus le pétrole qui servait l’agriculture, mais l’agriculture qui produisait un mauvais substitut de pétrole... Hélas ! Dès septembre 2005, la France a choisi ces agrocarburants catastrophiques.

Premier domino à basculer : le cours du baril à New York. Second domino : les défauts de remboursement d’emprunts hypothécaires des ménages. Le troisième, par agrégation des seconds dominos par dizaines de millions : une perte de rentrées financières pour les banques qui, un certain volume étant dépassé et la folie de la titrisation aidant, perdirent brutalement confiance les unes dans les autres en septembre 2008.

À ces facteurs lourds, s’ajoutait l’immense dette étasunienne, constamment croissante depuis une décennie. La crise actuelle est donc d’abord et avant tout une crise du sous-sol, une crise des énergies fossiles et des matières premières. C’est l’économie matérielle qui est à l’origine de la crise financière et non l’inverse.

M. Pierre Gosnat. Ce n’est pas le capitalisme ?

M. Yves Cochet. Cette conclusion peut être obtenue une deuxième fois en regardant l’histoire réelle - telle qu’elle s’est déroulée au cours de ces dernières années et non pas en racontant les fantasmes du libéralisme économique - et en raisonnant par l’absurde.

Si c’était le resserrement du crédit qui avait engendré la récession, les économies européennes auraient plongé après septembre 2008, alors que leur croissance a chuté dès mars 2008, est devenue nulle en mai, puis négative - selon la célèbre expression de la ministre de l’économie Christine Lagarde ici présente - ensuite.

En effet, il faut éliminer un autre cliché : les économies de la zone euro et du Japon sont beaucoup plus vulnérables aux pointes de prix des matières premières et du pétrole que l’économie des États-Unis, pays qui produit encore un quart de sa consommation de pétrole, entre autres. Cette sensibilité négative aux prix élevés du pétrole et des matières premières, les quatre cinquièmes de l’économie réelle des pays de l’OCDE la ressentent, notamment dans les secteurs des transports et de l’agriculture.

Cette analyse matérialiste s’accorde mieux que les autres aux cinq dernières récessions mondiales que nous avons connues depuis 1973 - je pourrais reprendre les propos tenus depuis lors, à droite comme à gauche, ce qui pourrait être un sujet d’intérêt pour les historiens. À l’exception de la crise dite asiatique de 1998-1999, je l’avoue, les quatre autres récessions furent précédées de fortes hausses du cours du baril et des matières premières.

La dernière de ces hausses atteint 500 % entre 2002 et la mi-2008, soit trois à quatre fois plus que les hausses observées lors des premier et deuxième chocs pétroliers des années soixante-dix ou lors de la guerre du Golfe en 1991.

Tandis que la bulle immobilière incitait les ménages américains défavorisés à résider plus loin de leur travail pour acquérir une maison moins chère, la hausse concomitante des carburants les frappa plus lourdement encore, à proportion de leur éloignement. Ce qu’ils avaient espéré gagner en vivant loin de la ville avec un gallon d’essence à moins de deux dollars, ils le perdirent lorsque celui-ci dépassa les trois dollars.

L’implosion de la bulle immobilière seule aurait pu ralentir les économies américaine et mondiale ; il aura fallu la forte hausse des produits pétroliers depuis 2007 jusqu’à la mi-2008 pour engendrer la récession.

La quasi-totalité des commentateurs de révérence, des responsables politiques - comme ceux qui viennent de s’exprimer - et des économistes orthodoxes et conformistes s’en tiennent à une analyse interne du système financier et de ses tares qui ne constituent pourtant que le quatrième domino qui tombe.

Les plus prolixes d’entre eux nous abreuvent de longs discours et d’articles outrés sur les scandales que constituent les revenus démesurés des « patrons voyous », les bonus et autres parachutes dorés des dirigeants de telle ou telle entreprise, les dérégulations opérées ces dernières années par le capitalisme financier, sous l’égide du gourou Alan Greenspan que tout le monde voue aujourd’hui aux gémonies - mais Dieu sait si on l’a adulé pendant une quinzaine d’années -, et sur les risques insensés pris par les investisseurs immobiliers. Nous avons tous été incapables d’imaginer un possible retournement des prix depuis 1945 : la croissance devait durer toujours ; seuls quelques analystes avisés nous ont aidés à penser les mécanismes cognitifs de l’aveuglement au désastre que nous connaissons aujourd’hui.

Mais pour essayer, comme nous y invitait M. le Premier ministre, d’avoir une pensée un peu plus complexe et d’apprécier le retour des conséquences sur les causes, approfondissons maintenant le raisonnement que je viens de tenir pour affiner l’évaluation que nous pouvons faire, à ce stade, de l’ampleur et de la durée de la récession. Il convient de complexifier un peu la chaîne causale des dominos en examinant comment la chute des derniers d’entre eux - d’ordre financier - provoque une accélération de la chute des premiers dans une boucle de rétroaction positive de ceux-là sur ceux-ci. Convenons d’abord qu’il existe un domino zéro, lequel n’est autre que le déclin géologique de la production de pétrole brut conventionnel depuis 2005 : ce fait est avéré tous les mois par les statistiques de l’AIE et de l’EIA - pour ceux qui comprennent de quoi je parle. Je vois que cela vous fait rire, madame la ministre de l’économie : rira bien qui rira le dernier ! Prenons date pour les mois qui viennent : nous verrons bien ce qu’il adviendra de votre plan de relance !

M. le président. Vous avez demandé, monsieur Cochet, si l’on comprenait ce que vous disiez : c’est ce qui a fait sourire certains, qui avaient compris. (Sourires.)

M. Jean-Pierre Brard. Ce n’est pas sûr ! La pédagogie voudrait que l’on répète !

M. Éric Raoult. Ce serait un ricochet ! (Sourires.)

M. Yves Cochet. L’AIE est l’Agence internationale de l’énergie, et l’EIA, l’Energy information administration, c’est-à-dire le ministère américain de l’énergie.

M. Jean-Pierre Brard. Je ne parlais pas de cela !

M. le président. Chacun avait compris, monsieur Cochet.

M. Yves Cochet. Dont acte, monsieur le président : je vous remercie de cette mise au point.

Face à une demande mondiale croissante, disais-je, le pétrole supplémentaire ne provient plus que de l’extraction des réserves non conventionnelles, extraction coûteuse qui entraîne la chute du premier domino : la hausse des cours du baril et des prix des produits pétroliers. Le second domino - la bulle immobilière, laquelle implose d’ailleurs plus qu’elle n’explose - se dédouble, puisqu’il entraîne, d’une part, la crise de remboursement des crédits hypothécaires risqués puis la baisse des prix de l’immobilier et, d’autre part, les difficultés des compagnies aériennes et des industries automobiles. Ainsi, le plus grand pays libéral du monde a nationalisé General Motors : fait stupéfiant pour les tenants du libéralisme ! En France, l’État a injecté quelque 10 milliards d’euros dans les entreprises Renault et Peugeot, moyennant quoi celles-ci ont instantanément licencié environ 11 000 salariés. J’ai vu, d’ailleurs, que Peugeot avait lancé un nouveau « crossover » - c’est ainsi qu’on les appelle désormais, le terme « 4x4 » étant devenu écologiquement incorrect. Quant à Renault, il a lancé le modèle Koleos l’an dernier, sans aucune étude de marché : autre exemple de marketing irresponsable.

J’ai évoqué les compagnies aériennes : on sous-estime les difficultés de Lufthansa, British Airways ou Air France. On verra dans quelques années - M. Christian Blanc le sait sans doute mieux que d’autres - que même une compagnie comme Air France sera durement touchée par le prix du kérosène, indexé sur le cours du baril qui ne tardera pas à augmenter, pour des raison objectives indépendantes de tout volontarisme politique.

Les deux facteurs que j’évoquais provoquent la crise bancaire, puis le resserrement du crédit et enfin la récession. D’autres dominos tombent alors : affaissement du marché des produits dérivés sur le marché pétrolier, diminution de la demande mondiale de pétrole, laquelle diminution provoque la baisse des prix du pétrole et la réduction de la production. Évidemment, l’OPEP tente de faire remonter le cours du baril en fermant un peu les robinets, mais cela ne marche pas. Il s’ensuit un ralentissement général des investissements dans l’exploration et la production pétrolières visant à compenser la déplétion géologique : extraire un baril pour 80 dollars pour le vendre 60 dollars, autrement dit à perte, n’offre évidemment aucun intérêt. C’est pourquoi la production mondiale de pétrole décroît et continuera à décroître, pour conduire bientôt à quelques pénuries et à un deuxième choc sur les prix après celui de 2008. La boucle sera alors bouclée, après la hausse rapprochée des prix des produits pétroliers et de toutes les énergies, dont on sait, quoi qu’en disent Mme la ministre de l’économie et M. le Premier ministre, qu’il n’ont rien à voir avec des prix de marché : ce sont, depuis 1947, des prix soviétiques, administrés ; bref, des prix politiques.

Cette croissance des prix de l’énergie reviendra heurter à la baisse les prix de l’immobilier hors agglomération, à la hausse le coût des transports et de l’alimentation - comme en 2007 et en 2008 -, et à la baisse la santé déjà défaillante des compagnies aériennes et des industries automobiles. La récession deviendra dépression par quelques événements économiques et sociaux importants, tels que des faillites de grands États : M. Schwarzenegger a ainsi annoncé il y a quelques jours que la Californie, neuvième économie du monde, était au bord de la faillite, et que les fonctionnaires n’y seraient plus payés pendant trois jours par mois. Quant à la situation en Hongrie, en Espagne ou, plus grave encore, en Grande-Bretagne, nous en reparlerons peut-être dans quelques mois : on peut certes débloquer quelques milliards pour l’Islande, mais pour la Grande-Bretagne, madame la ministre de l’économie, c’est tout autre chose.

Outre la probable faillite d’un grand pays, on assistera à une dislocation du système financier mondial qui dépassera celle que nous avons connue, et à une très forte augmentation du chômage - c’est malheureusement une quasi-certitude. Quand ? Bientôt. Autrement dit, il n’y aura plus de « reprise », comme le prétendent M. le Premier ministre et les commentateurs aveugles qui l’annoncent éventuellement pour 2010. La croissance du PIB est terminée ; la décroissance n’est même plus un objet de débat mais une réalité : elle est notre destin. Je l’avais déjà dit en octobre 2008, et je le répète aujourd’hui. Pour le moment, l’histoire me donne raison.

M. Jean Dionis du Séjour. C’est Malthus !

M. Yves Cochet. Ces affirmations péremptoires, me demanderez-vous, sont elles partagées par d’autres analystes ?

M. Jean Dionis du Séjour. Par Malthus, mais cela remonte au XVIIIe siècle !

M. Yves Cochet. Oui, notamment par les experts du LEAP/E2020 - Laboratoire européen d’anticipation politique/Europe 2020 -, un groupe européen de réflexion prospective. La crise systémique pourrait évoluer vers des situations de chaos social, faites de violentes révoltes populaires. Dans son bulletin du 15 février 2009, le LEAP/E2020 annonce le « début de la phase 5 de la crise systémique globale : la phase de dislocation géopolitique mondiale ».

M. Jean Dionis du Séjour. Et ensuite, c’est la fin du monde !

M. Yves Cochet. J’espère que les interruptions de certains collègues seront consignées au Journal officiel.

M. le président. Monsieur Cochet, veuillez poursuivre.

M. Yves Cochet. Les dirigeants du monde n’ont pas tiré les conséquences de l’effondrement en cours du système qui organise la planète depuis la fin de la Seconde guerre mondiale. « Hélas, à ce stade, il n’est plus vraiment permis d’être optimiste en la matière », poursuit le LEAP. « Aux États-Unis comme en Europe, en Chine ou au Japon, les dirigeants persistent à faire comme si le système global en question était seulement victime d’une panne passagère et qu’il suffisait d’y ajouter quantité de carburants (liquidités) » par dizaines ou centaines de milliards « et autres ingrédients (baisse de taux, achats d’actifs toxiques, plans de relance des industries en quasi-faillite...) pour faire repartir la machine. » Nous avons encore entendu ce refrain aujourd’hui. « Or [...] le système global est désormais hors d’usage. Il faut en reconstruire un nouveau au lieu de s’acharner à sauver ce qui ne peut plus l’être. »

Dans son dernier bulletin, daté du 16 juin, le LEAP envisage l’arrivée, dans quelques mois, de trois « vagues scélérates » : la vague du chômage massif et brutal ; la vague déferlante des faillites en série - entreprises, banques, immobilier, régions, villes et peut-être États ; la vague de la crise terminale des bons du Trésor américain, du dollar et de la livre sterling, et le retour de l’inflation. « Ces trois vagues », indique le LEAP, ne sont pas successives mais « simultanées, asynchrones et non parallèles. De ce fait, leur impact sur le système mondial est générateur de dislocation puisqu’elles l’atteignent sous divers angles, à différentes vitesses, avec des forces variables ».

Que faire ? disait Lénine il y a un siècle (« Ah ! » sur les bancs du groupe NC) et mon ami Daniel Cohn-Bendit il y a trois mois. Un Green New Deal, c’est-à-dire un nouveau contrat vert et social pour l’Europe et pour la France. Nos concitoyens en ont partiellement ressenti la nécessité en nous accordant quelques suffrages le 7 juin dernier. Ici même, la majorité - peu présente à ce moment du débat - et le Gouvernement auraient pu s’emparer du sujet lorsque, en janvier dernier, nous avons présenté une proposition de loi tendant à faire de l’empreinte écologique un indicateur prioritaire des politiques publiques. Vous l’avez hélas rejetée. Une seconde chance vous a été offerte le 28 mai par François de Rugy et les députés Verts, avec la proposition de loi sur la transformation écologique de l’économie, texte que vous avez lui aussi rejeté.

Mais il n’est pas trop tard pour bien faire, à condition, bien sûr, d’abandonner les vieilles lunes de la croissance - dont on vient encore de nous rebattre les oreilles - comme les prétendues loi de l’économie néoclassique, et de présenter au pays un vaste programme d’urgence écologique et sociale, fondé sur la sobriété et la solidarité, et inspiré par les raisonnements géologiques, thermodynamiques et systémiques que j’ai développés. Mais sans doute n’est-on guère habitué à manipuler ces concepts à Bercy et ailleurs.

Je vous demande donc, monsieur le Premier ministre, de renoncer à votre plan de relance symbolisé par les mille chantiers présentés en février dernier, et de vous convertir à la transformation écologique de notre économie telle que nous l’avons longuement expliquée lors de la campagne des élections européennes. En février dernier, vous avez déclaré sur Europe 1 : « Aucun plan de relance ne permettra d’éviter la crise. Personne aujourd’hui ne peut savoir quand on sortira de cette crise. Ce qu’on sait, c’est que toute l’année 2009 sera une année de crise. »

M. Éric Raoult. Il avait raison !

M. Yves Cochet. Vous pressentiez alors le caractère hors normes du phénomène actuel, mais formuliez aussi un aveu d’impuissance sidérée.

Si nous consentons tous à décoloniser notre imaginaire et à changer de paradigme de pensée, comme j’ai tenté de le faire sommairement aujourd’hui, nous pouvons proposer un autre plan à notre pays : un plan d’urgence écologique et social - euphémisme de ma part, je le reconnais, tant la crise pourrait être beaucoup plus grave encore. Notre pays a donc besoin d’un sursaut intellectuel et politique dans les mois et les années à venir. (Applaudissements sur les bancs des groupes GDR et SRC.)

 

Le Pic Vert est fier d'être... vert !

 


Par Le Pic Vert - Publié dans : Les élus
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /2009 22:02
Cher-e-s ami-e-s,

Enfin... enfin j'arrive à prendre quelques minutes pour vous rendre compte et vous tenir informés de mon activité, depuis que je suis élue au Parlement Européen. J'en profite pour remercier toutes celles et ceux qui ont participé à cette magnifique et imprévisible victoire. Petit à petit, jour après jour, nous prenons nos marques. Les premières semaines à Bruxelles étaient essentiellement occupées par des réunions de groupe de préparation et d'information sur les négociations menées par les présidents de groupe pour le partage des responsabilités. Lundi, je suis arrivée à Strasbourg pour la séance constitutive. Emue, impressionnée et à la fois enthousiaste de prendre ces nouvelles responsabilités.

Le rendez-vous le plus attendu dès Lundi, c'est les préparatifs de la coalition anti-Barosso. Dany et le groupe ont remportés une première victoire avec le report du vote, qui ne se fera donc pas cette semaine. Il nous reste à partager les rôles au sein des Commissions et surtout à élire le Président du Parlement et les vice-présidents. Le groupe donne une indication pour voter en faveur de Jerzy Bouzek. Bouzek est l'ancien Premier Ministre de Pologne, membre de PO, la plate-forme libérale de Donald Tusk, qui a renversé la majorité ultra-conservatrice des frères Kazinsky. Son premier engagement, c'est la dissidence antitotalitaire au sein de Solidarnosc et aux côtés de Lech Walesa. Il est le premier député d'Europe de l'Est à accéder au perchoir européen. Les raisons pour le soutenir sont multiples, surtout pour le symbole que représente enfin ce qui apparait comme la pleine intégration des pays d'Europe centrale et orientale. L'accord entre le PPE et le PSE ne fait pas de doute, je ne suis pourtant pas convaincue de vouloir le soutenir. Bouzek est issu du Parti Populaire Européen et nombre de ses positions me semblent très éloignées de notre arc de coalition, tant sur l'immigration, sur le droit des femmes et sur le droit des minorités. Bien que novice dans les couloirs de Strasbourg, ce brouillage des clivages à l'échelle européenne, pour réaliser un accord technique, ne me semble pas indiqué. Avec un certain nombre de mes collègues, je me refuse à voter pour un candidat issu du même parti que Barosso, et d'user ainsi de la liberté de vote dont nous bénéficions. La candidate de la GUE, Eva Svensson, unique candidate face à lui, exprime dans son allocution la nécessité de répondre aux urgences écologiques, sociales et démocratiques. Elle s'est engagée dans la mandature précédente dans de nombreux combats  proche des nôtres, notamment à travers son engagement féministe. Elle remportera un succès d'estime, avec 89 voix bien au-delà des députés de son groupe. Satisfaction au moment de l'élection des vice-présidences, Isabelle Durant, d'Ecolo, ancienne Ministre belge, est élue vice-présidente du Parlement Européen en huitième position avec 238 voix : nul doute qu'elle prendra avec brio la succession de Gérard Onesta, dont le travail reste dans les mémoires !

Les discussions avec les autres groupes nous ont permis d'aboutir à une répartition finalisée du travail en commission, les délégations seront définitivement réparties au mois de Septembre. Les élus d'Europe Ecologie vont être au coeur de  l'hémicycle. Eva Joly devient Présidente de la Commission Développement, je siégerai à ses côtés comme titulaire dans cette Commission. Nous travaillerons en coopération, ainsi qu'avec Ska Keller, nouvelle élue allemande de 28 ans, qui a été une militante active de la Fédération des Jeunes Ecologistes Européens. Nous assurerons en alternance la coordination politique du groupe, moi pendant la première partie et Ska pendant la seconde partie du mandat. Les chantiers prioritaires sont nombreux : lutte contre la corruption et les paradis fiscaux, lutte contre la confiscation des terres arables, évaluation de la coopération et de l'aide publique au développement. A ce sujet, Marie, ma collaboratrice à Bruxelles, rencontre les représentants de la Coordination SUD, avec qui nous chercherons à établir une collaboration fructueuse, comme l'avaient laissé entendre les discussions lors de la campagne.

En plus de la Commission Développement, je siègerai comme suppléante à la Commission du Développement Régional, en compagnie des deux titulaires François Alfonsi et Karima Delli. Le champ d'action de cette Commission est énorme, et nous ne serons pas de trop à huit verts au sein de la Commission. Les fonds FEDER représentent le deuxième budget de l'UE, et le budget des fonds de cohésion augmente de 7,5% cette année. Ce sont les fonds FEDER qui permettent de mener les actions européennes en faveur de la cohésion sociale, depuis les régions défavorisées de Pologne ou de Bulgarie, jusqu'aux opérations de réhabilitation urbaine en Seine Saint Denis, que Karima suivra de près. Pour ma part, je souhaite porter une attention particulière aux thématiques concernant l'Outre-mer. Avec Harry Durimel, Europe Ecologie a réalisé des scores formidables dans l'eurorégion Outremer. Malgré la déception de ne pas avoir d'élus, l'engagement écologiste sur ces thématiques doit être porté, c'est ce que je faisais déjà au Collège Exécutif des Verts. Par ailleurs, après une campagne avec nos amis Basques et Catalans, les dynamiques transfrontalières et les possibilités qu'elles offrent aujourd'hui m'intéresseront au premier chef. Je sais que Tudi Kernalegen et la Comission Régions et Fédéralisme y consacrera même un atelier lors des Journées d'Etés. Enfin, j'ai demandé à siéger au Comité des Régions d'Europe, pour y représenter le Parlement Européen.

L'actualité, c'est aussi l'Amérique Latine, qui occupe nos esprits. J'ai demandé à avoir une délégation sur le Mercosur et l'Assemblée Parlementaire Eurolat. 

Depuis plusieurs jours, la situation au Honduras ne s'améliore pas. Manuel Zelaya n'a toujours pas retrouvé son pays et le coup d'Etat militaire perdure. Cette catastrophe constitue un précédent périlleux. Elle nous rappelle la triste époque où les pronunciamientos rythmaient la vie politique de l'Amérique Latine. Mais elle pourrait aussi signifier un tournant dangereux. Alors que depuis plusieurs années, la victoire des gauches dans de nombreux pays d'Amérique Latine a renouvelé le rêve de Bolívar, le retour des coups militaires pourrait constituer un précédent douloureux et mettre fin à ces expériences. Raul Romeva, d'ICV, intervient pour le groupe des Verts/ALE. Nous nous sommes concerté auparavant, et participons avec Willy Meyer, de la GUE, au lancement d'une pétition pour suspendre la négociation des accords commerciaux entre le Honduras et l'UE qui doivent s'ouvrir la semaine prochaine. Le parlementaire espagnol du PPE fait une intervention inquiétante : nous serons vigilant à ce que de prétendues opérations de conciliation ne visent pas à réhabiliter les putschistes. Sur ce point, la toute nouvelle Présidence suédoise est plutôt positive, tout comme l'attitude de la Commission, en condamnant sans ambiguïtés le coup d'Etat.

Autre événement à suivre de près, au Pérou, le massacre de Bagua des 6-7 Juin a provoqué 34 morts, en réprimant la lutte sociale menée par les indigènes de l'Aidesep. Le Premier ministre a été remplacé samedi dernier, tenu comme politiquement responsable de ces morts, et certains décrets introduisant un pillage dangereux des ressources naturelles ont étés retirés. Mais Alan Garcia (dont le parti est pourtant toujours membre de l'Internationale Socialiste, sic !) persiste dans sa politique libérale. La Defensora del Pueblo du Pérou décompte plus de 220 conflits sociaux au mois de Juin, dont une la majorité sont d'abord des conflits environnementaux. Par ailleurs, la répression persiste pour les leaders syndicalistes et indigènes de l'AIDESEP.

Après quelques hésitations, je reçois, en compagnie de Gaby Kupers, la collaboratrice du groupe en charge du suivi de ces questions, Ollanta Humala, en visite à Strasbourg. Il est le président du Parti Nationaliste Péruvien, un nationalisme qu'il précise d'emblée être distinct du nationalisme à l'européenne. Il s'inscrit dans un courant de gauche hostile à la globalisation libérale, soutenu par le Président Chavez. En 2006, il avait fait figure d'alternative à Alan Garcia et avait rassemblé 47% des suffrages. Pourtant Humala fait figure de populiste, son nationalisme inquiète quant au respect de la démocratie. Mais surtout, ancien militaire, putschiste contre Fujimori en 2000, il est accusé d'avoir participé à des massacres lors de la guerre civile contre le Sentier Lumineux et d'avoir alors piétiné les droits de l'homme. Je l'interroge sur son projet politique, son nationalisme, son lien avec les mouvements sociaux et l'Aidesep, mais surtout sur ses réponses à apporter aux questions environnementales et à sa défense des libertés publiques. Lui nie tout engagement antidémocratique et rappelle qu'il s'est toujours soumis aux procédures de justice et qu'il reprend les attendus de la Commission Vérité et Réconciliation. J'insiste surtout sur la nécessité de travailler à une coalition politique face à Alan Garcia et à ses liens avec la mouvance écologiste et la candidature du Padre Arana, militant écologiste, engagé dans la lutte contre les OGM et la lutte contre le désastre environnemental des mines. Une alternative politique est nécessaire au Pérou, il reste à en définir le contour, son projet et ses alliances, et la garantie qu'elle se fera dans le respect de la démocratie. J'ai refusé photos et passages médias, m'assurant ainsi que cette rencontre ne crée pas de vague.

Je suis longue, mais tout ceci n'est qu'un résumé partiel de ces intenses journées. J'en sors épuisée. Derrière toutes ces aventures politiques, c'est aussi une aventure personnelle qui s'ouvre pour moi. Avec mes collaborateurs, Marie Toussaint, Patrick Benkemoun et Stéphane Sitbon-Gomez, nous jonglons entre suivi des politiques et installation effective dans le dédale administratif du Parlement. Je retrouve aussi ici de nombreux amis, avec qui j'ai ˛uvré au sein de la Fédération des Partis Verts Européens, puis du PVE, depuis plus de quinze ans. Après une longue période dédiée, à la construction d'un outil politique qui dépasse nos frontières au sein des Globals Greens ou du Parti Vert Européen, me voici maintenant à l'assaut des institutions. J'essayerai de vous tenir le plus régulièrement possible informés, et je vous invite d'ores et déjà à vous inscrire aux Journées d'Etés, à Nîmes, dans notre Eurorégion et dans la ville de mon camarade Silvain Pastor, où nous pourrons plus longuement échanger.

Amicalement,

Catherine Grèze
Par Le Pic Vert - Publié dans : Les élus
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Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /2009 21:01

PARIS - Pascal Canfin, député européen d'Europe-Ecologie, a estimé mardi que le gouvernement s'apprêtait à "créer une injustice" concernant la taxe carbone, jugeant qu'une "autre taxe carbone" est "possible" par la création d'un "chèque vert" de redistribution aux ménages.

"Il ne s'agit pas de se battre contre la taxe carbone qui est un instrument indispensable pour lutter contre le changement climatique, mais de se battre pour une compensation intégrale de ses recettes", écrit-il dans un communiqué, jugeant que le gouvernement "s'apprête à créer une injustice".

"Une autre taxe carbone est pourtant possible. Avec la Fondation Nicolas Hulot, les Verts sont favorables à la redistribution aux ménages de l'intégralité, ou au moins de la plus grande part, de la contribution climat énergie sous la forme d'un chèque vert", poursuit-il.

Le chèque vert qui servirait par exemple à "payer les transports en commun, acheter des produits disposant de l'écolabel européen", permettrait de "démocratiser l'accès aux produits verts tout en contribuant à la conversion écologique de nos modes de consommation sans perte de pouvoir d'achat", selon M. Canfin qui y voit une "façon de sortir de l'impasse dans laquelle s'est mis le gouvernement, sans démagogie".

La ministre de l'Economie Christine Lagarde a affirmé fin août qu'elle n'était "pas sûre que le chèque vert soit la meilleure idée".

 

(©AFP / 01 septembre 2009 13h28)

Par Le Pic Vert - Publié dans : Un petit tour sur le web
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Vendredi 28 août 2009 5 28 /08 /2009 21:03
Non, c'est vraiment mal parti, je pense que, comme on dit aujourd'hui, "ça va pas le faire" !
De petite phrase en petite phrase, à défaut d'avoir de grandes idées, le PS dévoile sa stratégie pour 2012...
Martine Aubry : "On ne va pas courir après les Verts, on ne va pas se mettre à parler du bio et des radis". Ouah, ça décape... Quelle hauteur d'esprit !
Ségolène Royal : Qui demande à Fillon de retirer la taxe carbone (alors qu'au passage le PS y semble favorable, c'est en tous cas ce qu'affirme la première du bout des lèvres...). "Je dis: "Retirez cet impôt M. Fillon et mobilisez votre énergie pour la montée en puissance de l'industrie automobile française et mettre massivement sur le marché des voitures électriques pas chères pour que les familles puissent choisir."
Au passage elle qualifie "l'idée d'une taxe carbone, d'absurde, injuste, historiquement décalée dans le temps", faisant siens les arguments d'un autre célèbre "socialiste", le grand visionnaire Allègre (vous savez, celui qui conteste le réchauffement climatique et dont le combat majeur a été de tenter de faire croire que l'amiante ne représentait aucun danger !)...
"Historiquement décalée" sans doute, puisque cela fait bientôt vingt ans qu'une telle taxe est appliquée en Suède (pays auquel Ségolène et ses "amis" font si souvent référence) et déjà d'un montant supérieur à celui qui pourrait s'appliquer en France aujourd'hui !
Eric Loiselet (secrétaire national adjoint à l'environnement au PS) : "Le PS est incapable de rompre avec le productivisme"...
"Il y a deux points principaux sur lesquels il semble nécessaire que la direction du PS change radicalement. D'abord, nous souhaiterions que le PS s'intéresse vraiment à l'écologie politique : à l'occasion d'une interview le 4 juillet dernier, Martine Aubry a fait part de son inquiétude quant à un risque de «néo naturalisme tribal» dans l'écologie politique. Cela dénote d'une conception très datée et caricaturale de l'écologie : on n'improvise pas, au détour d'une interview, un concept qui remplacerait 40 ans d'élaboration politique !" "Le PS est à la remorque de thèmes sociaux-démocrates traditionnels qui ne sont plus adaptés à la donne contemporaine"...

Le vieil oiseau Vert que je suis est tout heureux de constater que Loiselet rose pense comme lui (excuses, elle est trop facile !)... Peut-être changera-t-il bientôt de nid ? (C'est fait depuis : Eric Loiselet a rejoint Europe Ecologie - Il a été remplacé par un gersois bien connu : Philippe Martin, comme "Secrétaire National Adjoint à l'Environnement au PS", ce qui ne laisse pas espérer une évolution rapide même s'il est allé accompagner Borloo à la rencontre des pingouins)...
Mais non, décidément non, pour des primaires ça va pas le faire !
Le Pic Vert n'est pas de cette gauche...

Par Le Pic Vert - Publié dans : Humeur
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Jeudi 27 août 2009 4 27 /08 /2009 10:07
Vous savez certainement que se tiendra, ce week end à Condom, le salon Biogascogne, créé sur une initiative de Jean Dubos en 2002 et organisé désormais par sa fille Françoise. Le Pic Vert ne manquera pas d'aller y faire un petit tour. Ce salon connaît un succès grandissant et, peut-être à cause de cela (jalousie ?), on entend un concert d'idioties orchestré par notre quotidien régional préféré (préféré peut-être d'ailleurs parce qu'il est le seul !).
Nous avons pu y lire l'interview d'un chef étoilé condomois qui n'hésite pas à nous faire part de la différence entre un poulet "bio" et le poulet qu'il vous servira... "Il faut cuire le poulet bio plus longtemps" ! Le Pic Vert ne va jamais cueillir sa pitance dans ce genre d'établissement et au vu des connaissances de ce chef, il ne le regrette pas...
Le poulet que l'on consomme dans cet "étoilé" aurait-il été attendri par des substances chimiques ? Les vitamines (quand ce ne sont pas des antibiotiques) qu'on lui a donné auraient-elles une influence sur la tendreté de ses chairs ?
Non, il le sait bien ce cuistot, s'il le cuit moins longtemps c'est simplement qu'il s'agit d'un poulet "bas de gamme" qui n'a jamais gambadé pour muscler ses gambettes et nourri aux aliments et préparations chimiques afin d'accélérer sa croissance et... sa rentabilité pour celui qui fournit... les aliments ! Car l'agro-industriel qui l'élève n'est autre que l'esclave du système...
Pour le restaurateur également qui vous le vente et qui l'achètera moins cher, le cuira moins longtemps et vous le vendra au prix fort pendant que vous le remercierez, la tête dans les étoiles !
A moins qu'il nous prenne pour des dindons ?
Mieux encore, sur le même quotidien (mercredi 26 août 2009), c'est un marchand de primeurs de Condom (décidément il y a encore beaucoup à faire malgré les efforts de la famille Dubos...) qui nous fait part de toute sa science sur la question.
Ici je suis obligé de reprendre le texte intégralement, y ajoutant quelques anotations, pour montrer jusqu'ou peut aller la perfidie (puisque je ne ferai pas l'injure au maraicher ni au journaliste de penser que ce n'est pas fait intentionnellement...).

Question DDM : Un primeur bio peut-il exister ? (il suffirait de sortir un peu de sa bulle pour voir qu'il y en un peu partout !).

Alain Bonne, place Saint-Pierre à Condom : "Pour nos clients il faut que le produit ait de la gueule. Mais le bio, ça se défraîchit plus vite, c'est plus fragile. Tiens donc, y aurait-il des conservateurs chimiques sur les produits de son étal ? Donc difficilement conciliable aves les pratiques actuelles de consommation". Quelles sont-elles ? De nous vendre des légumes qui ont traîné sur des milliers de kilomètres des journées durant et qui ont été "traités" pour avoir encore "de la gueule" ?
D'ailleurs le commerçant a noté qu'au MINE d'Agen, où il se sert, les produits issus de l'agriculture biologique sont rares. Ben oui, entre Condom et Agen, il fait encore nuit quant il y va - ou peut-être a-t-il des œillères -, il ne peut pas voir les légumes bio dans les champs ! Pourtant il en a de tout près : route de Nérac, route Lectoure/Agen, Pergain-Taillac (pour ceux que le Pic Vert connaît...).
Lui préfère l'agriculture raisonnée "qui se rapproche du bio" (ils n'ont qu'à moitié sale gueule ? - pourrait-il nous parler du cahier des charges de ce "mode" d'agriculture ? doit-on se fier à la "tête" du producteur pour savoir s'il est raisonnable ? Le Pic Vert aimerait bien connaître sa méthode, scientifique certainement !) même s'il vend quelques produits avec le label AB. "De toute façon, dit-il, nous n'avons pas beaucoup de demande (tu m'étonnes ! les clients ont leurs boutiques et leurs boutiquiers !). Du citron essentiellement" (local sans doute car, sinon, il serait très défraîchi !).
D'après lui beaucoup de produits sont bio sans le clamer haut et fort (mais d'après ce qu'il dit plus haut, ça se voit !!!! Ils ont sale gueule et ne se conservent pas !!!!). Il montre une caisse de tomates qui semblent sorties du potager en exemple (du potager ? ouah ! - elle semble seulement, ah bon ! - il y a des artifices qui font que... alors). Il pense que la différence est mince (bon mon garçon, elle est mince ou elle rend les produits inadaptés aux méthodes actuelles de consommation ?????) : "On a déjà interdit beaucoup de produits dans l'agriculture conventionnelle (nous sommes les plus gros consommateurs mondiaux de pesticides !), rappelle-t-il, et puis le vrai bio, est-ce que ça existe (en tous cas le bio respecte un cahier des charges - insuffisamment contraignant peut-être - mais en tous cas contrôlé, pas à la tête du client) ? L'eau et l'air, est-ce qu'ils sont bio ?" (ben non, justement à cause de zozos qui pour pouvoir mieux nous plumer nous traitent comme des dindons !).

Pensent-ils vraiment ce maraîcher et ce journaliste que les lecteurs vont avaler longtemps encore ce genre de mixture journalistique sans attrapper une indigestion !

Ne me dites surtout pas qu'ils ne se sont pas rendu compte de ce qu'ils ont dit ou écrit, c'est tellement gros (pour ne pas dire grotesque !) que ce ne peut être que volontaire...

Ils nous prennent pour des dindons... mais la farce est de mauvais goût !
Par Le Pic Vert - Publié dans : Humeur
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Mardi 25 août 2009 2 25 /08 /2009 09:23
La taxe carbone - ou contribution climat énergie - est une avancée pour répondre aux enjeux climatiques et rattraper le retard de la France en matière de fiscalité verte.

Pour être vraiment efficace, il faut que la contribution climat énergie :
- s’applique à l’électricité et non seulement aux énergies fossiles afin de prendre en compte les émissions induites par le chauffage électrique et donc le nucléaire.
- prenne en compte l’ensemble des émissions de gaz à effet de serre en particulier celles induites par l’agriculture.
- soit mise en oeuvre dès 2010 afin de ne pas être contingenté pour des raisons électoralistes.

La Contribution Climat Energie des ménages doit être mise en place dans un souci de justice sociale et ne pas venir grever le budget des ménages les plus modestes. Les Verts soutiennent donc l’idée d’un "chèque vert", sous condition de ressources, affecté à des produits et services qui contribuent à la baisse des émissions, par exemple : alimentation bio et équitable ou de proximité (type AMAP), produits d’entretien de la maison bio, solutions de chauffage écologiques, transports écologiques...

Enfin, la création d’une Contribution Climat Energie des entreprises doit enclencher la transition d’une fiscalité qui pénalise le travail vers une fiscalité qui protège l’environnement. Mais cette évolution ne doit pas se faire au détriment du financement d’un système de protection sociale plus que jamais indispensable. Les Verts
Par Le Pic Vert - Publié dans : Communiqués verts
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Lundi 24 août 2009 1 24 /08 /2009 16:37
Voici un extrait (article complet : clic) de ce que l'on peut lire sur le site du Nouvel Obs :

Cette fois-ci le gouvernement, "à la mode écolo" selon Daniel Cohn-Bendit, fera des propositions. "D'ici à trois mois", a annoncé François Fillon, avec un "plan d'action" qui "puisse montrer ses effets au printemps". Soit pile au moment des élections régionales, où l'UMP compte bien contrer des Verts galvanisés par leurs résultats aux précédentes européennes, notamment à Lannion (arrivés en tête avec 23% des suffrages).

Agriculture de masse et marée verte


D'ici là, à 55 km de Saint-Michel-en-Grève, à Trébrivan, aura ouvert sur d'anciennes terres agricoles une toute nouvelle maternité porcine où près de 900 truies en gestation d'abord, 23.000 bêtes ensuite, seront élevées de façon industrielle par une société du coin, Ker Anna. Rien de bien choquant. La loi permet en effet aux agriculteurs de récupérer des terres agricoles pour en faire des terres d'élevage, même intense.
Seul hic, la société en question n'est pas une société d'exploitation agricole proprement dite. Si trois agriculteurs la composent, "elle est dirigée en sous main" par une société financière, Sofiproteol, selon André Le Gall, ingénieur et membre de l'association "Sous le vent, les pieds sur terre". Sofiproteol est un établissement financier de la filière française des huiles végétales, propriétaire par ailleurs de la marque Lesieur et présidé par Xavier Beulin, premier vice président de la Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles (FNSEA). De quoi inquiéter les associations, qui craignent que la pratique se développe.

Des sociétés financières pointées du doigt


"C'est ce qui est en train de se passer dans tout le grand Ouest", nous explique André Le Gall. "Les coopératives agricoles disparaissent et passent toutes entre les mains de sociétés financières", dénonce-t-il, avant d'ajouter qu'"elles veulent toutes augmenter massivement leur production".
Autre problème, Ker Anna projette de neutraliser 150 hectares de surface agricole pour les réserver à l'épandage du lisier, produit par les gentilles bestioles et très riche en nitrates.
"Un risque certain pour l'environnement" selon l'association. "Vu le nombre de nappes phréatiques et de sources dans le coin, il ne faudra pas s'étonner après que l'eau soit polluée", ironise André Le Gall.
Le maire de Trébrivan, Joël le Croisier (PS), n'est pas non plus rassuré. "Ce qui se passe en ce moment sur les côtes avec les algues vertes est catastrophique", déclare-t-il. Sa commune ayant validé le projet, il exige que "soit installée une station de compostage des déjections" sur le site. Mais sa demande risque de rester lettre morte. "Nous n'émettons qu'un avis, libre au préfet de le suivre ou non", explique-t-il.
Par Le Pic Vert - Publié dans : Un petit tour sur le web
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Bon à savoir...


Selon le journal Sud-Ouest : En marge de ces débats importants pour l'avenir, les deux Gersois (Philippe Martin et Raymond Vall) profitent de leur séjour danois pour rencontrer quelques personnalités influentes. « À midi nous déjeunions avec Nicolas Hulot et Jean Jouzel (ancien prix Nobel de la paix), notamment, dit Philippe Martin, des personnes au plus près des négociations. »
De bonnes fréquentations ! Espérons qu'ils ont pris des notes ailleurs que sur le coin de la nappe... pour qu'il en reste quelque chose à leur retour...

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