Le bec des autres...
"J’étais haut fonctionnaire à Bercy en charge des dossiers environnement sous Jospin et je voyais Dominique Voynet, ministre de l’Ecologie, perdre systématiquement ses arbitrages pour des raisons politiciennes."
Le Pic Vert![]()
Ce week end se tenait le Conseil du Parti Vert Européen à Malmö en Suède. J'y assiste pour la première fois en tant que Députée Européenne et représentante du Groupe Vert. Seule députée d'Europe Ecologie, je suis accompagnée de mes collègues de la délégation des Verts français (Danièle Auroi, Brigitte Brozio, Didier Claude Rod, Pierre Serne, Stéphane Sitbon délégués au PVE ainsi que de Cécile Duflot, Pierre Minaert, Alexis Braud, Jocelyne Le Boulicaut et Constantin Federovski). Ce Conseil fut particulier à plus d'un titre : c'est l'occasion de la première action CLIMAT de l'ensemble des partis Verts Européens mais également, pour nous, la candidature d'un Vert français au Comité Exécutif du PVE : Stéphane Sitbon-Gomez.
Le résultat d'Europe Ecologie aux élections européennes semble justifier par lui-même notre participation plus active au sein du PVE, et Stéphane est élu parmi les premiers candidats. Mais notre responsabilité ne s'arrête pas là : si de bons résultats sont consolidés dans les pays où nous sommes déjà implantés, les difficultés n'ont pas été surmontées pour les partis verts au Sud et à l'Est, en passant par l'Espagne qui a vu l'écologie politique se diviser. On s'interroge sur la manière dont nous avons réussi à faire émerger l'écologie politique au niveau européen. Nous soulevons notre désir et notre capacité à travailler collectivement, en France au sein du regroupement créé à l'occasion des élections européennes, ainsi qu'au sein du Parti Vert Européen, dont la force réside dans notre volonté à se réunir, et à instaurer un esprit positif et ambitieux de collaboration ; je pense notamment à la participation active dans notre campagne de Monica Frassoni, ancienne députée européenne et nouvelle porte-parole du PVE, de Pierre Jonkheer, d'Isabelle Durant et de Philippe Lamberts, député réélu Porte Parole du PVE, et de bien d'autres encore.
Cécile Duflot participe au débat d'ouverture, mettant en évidence la nécessité de s'allier et de faire de l'écologie politique le moyen de renouveler la gauche. Après le choix des Grünen de s'allier avec les conservateurs de la CDU dans la Sarre, je m'inquiète sur la pertinence de ces alliances : à force de chercher la « plus grande efficacité », ne risquons nous pas de diluer nos valeurs et nos politiques de transformation ?! Les débats sont vifs également sur notre approche de la croissance, débat nécessaire, qui était déjà soulevé la semaine dernière en réunion de groupe au Parlement. Plusieurs de mes collègues eurodéputés ont d'ailleurs eu l'occasion de présenter leur travail et leurs batailles en cours : c'est le cas de Ska Keller, qui a réuni les Verts et Jeunes Verts Européens pour discuter de la stratégie de Stockholm ; c'est le cas d'Isabella Lövin, ma collègue suédoise au sein de la commission développement, qui a présenté les méfaits des accords de pêche signés actuellement par l'Union Européenne, en premier lieu avec la Guinée ; c'est enfin mon cas, lorsque je soulève l'importance de se battre, à chaque instant, et notamment hors périodes électorales, pour la démocratie en Europe et l'amélioration des systèmes électoraux vers plus de proportionnelle.
La jeunesse et le dynamisme du nouveau Comité Exécutif s'annonce en tout cas prometteuse. C'est un nouveau défi qui se présente pour Stéphane et pour l'ensemble des représentants européens.
Le besoin d'une entité écologiste structurée au niveau mondial continue de se faire sentir. C'est dans cet esprit que j'anime la rencontre des Verts mondiaux. Dans cet esprit également, consciente de la nécessité de trouver un accord international pour mettre fin au changement climatique, que nous organisons l'action des Verts européens près de la petite Sirène de Copenhague. Notre action est haute en couleurs et la petite Sirène drapée des couleurs du drapeau climat devient un symbole qui pourrait être englouti par la montée des eaux, afin d'alerter l'opinion publique sur ce qui risque de devenir commun si nous n'agissons pas tout de suite : les réfugiés climatiques pourraient s'avérer être 20 millions en 2020, et certains scientifiques avancent des chiffres s'élevant jusqu'à 7 mètres de montée des mers. Les négociations semblent mal engagées avant le Sommet, et les discussions avec nos partenaires européens montrent que nous sommes nombreux à être préoccupés.
Le fond des discussions du week end portent sur l'avenir et la stratégie à engager pour le PVE. Comment être une forme d'appui aux partis nationaux tout en promouvant l'écologie politique au niveau européen ? Volonté, énergie, et travail ne manquent pas, et nous avons tous de bons espoirs pour l'écologie politique sur notre continent !
Amitiés écologistes,
Catherine Grèze
Manifestation contre la prolifération des algues vertes (AFP)
Les agriculteurs français étaient aujourd'hui dans les rues et sur les routes. Près de 50000 manifestants à Paris, 4000 à Toulouse en provenance de tous les départements de Midi-Pyrénées. La profession connaît une de ses plus grave crise depuis trente ans. En cause, les revenus qui sont au même niveau depuis cette époque, par exemple dans la filière lait, alors que les charges ne cessent d'augmenter et que les marchés sont de plus en plus dérégulés et livrés à une sauvage concurrence issue de la mondialisation. L'inédit de ces mouvements réside dans le fait que toutes les filières sont concernées, des céréaliers à l'élevage, en passant par le secteur fruitier ou les producteurs laitiers.
Chers collègues,
Je suis ravie d'être dans cette enceinte et de voir l'influence grandissante des Régions, et leurs liens avec l'Union Européenne, renforcés. Ceci fait particulièrement sens après la campagne
européenne, où de nombreux eurodéputés ici présents se sont attachés sans compter pendant des mois à convaincre les concitoyens de ce lien entre Europe et régions.
Je ne vous surprendrai pas en vous faisant part des priorités du Groupe Vert que je représente ici. Notre priorité en matière d'allocations des fonds structurels en région, sera que les critères
environnementaux et la protection climatique soient pris en compte. Tout le monde est d'accord sur l'urgence du réchauffement climatique, et il n'est pas pensable que ces critères ne soient pas
pris en compte. Un collègue vient de mentionner le chiffre de 40% des montants de fonds structurels qui devraient être affectés à des projets prenant en compte le combat contre le réchauffement
climatique : qu'en est-il ? Comment ces fonds seront-ils affectés ?
Je suis pragmatique et voudrais illustrer mon propos par deux exemples très concrets : en début de semaine, j'étais à Hendaye au Pays Basque nord dans la zone de l'Eurocité qui va de Bilbao à
Bayonne. A Fontarrabie en face d'Hendaye, une zone Natura 2000 a été établie grâce à de larges fonds européens et à la demande des collectivités locales. Or ces mêmes collectivités locales
proposent aujourd'hui une extension de l'aéroport... sur le port et sur la zone protégée Natura 2000 ! Cet exemple illustre bien comment le facteur économique mis en avant ne prend pas en compte
la dimension européenne puisqu'à moins de 30 km, se trouve un autre aéroport (Biarritz) sous-utilisé - et à moins de 80 km de celui de Bilbao. Cela illustre aussi à quel point le critère
environnemental n'est pas pris en compte, puisque le projet bafoue la Directive Européenne Natura 2000.
Le second exemple que je voudrais évoquer ici est celui de la fameuse TCP (Traversée Centrale des Pyrénées). Des fonds européens sont sollicités pour financer une traversée ferroviaire de Huesca
en Espagne à Pau en France : cela peut paraître une bonne idée pour l'environnement et la zone des montagnes pyrénéennes. En réalité, ce projet signifie que des infrastructures autoroutières,
pour acheminer le fret, vont se développer - en profonde contradiction avec les critères de protection du climat - pour rejoindre les gares de Pau, côté français, et de Huesca, côté espagnol. Le
seul bon projet, en adéquation avec les critères environnementaux et climatiques, que doit financer l'UE est une ligne ferroviaire qui aille du nord au sud de l'Europe.
Ces deux exemples montrent qu'un changement d'approche doit être développé. Concentration et participation démocratique doivent être mises en œuvre, et coopération entre les Régions et l'Europe,
renforcée pour appliquer ces critères. Vous pouvez compter sur moi en tant que parlementaire pour ouvrir au renforcement de ces liens.
Monsieur le Président du Comité des Régions, Madame la Présidente de la Commission des Politiques Régionales, j'attends des réponses concrètes.
Réponse des présidents : Le cadre légal existe, il faut le faire appliquer.
Fanny Thibert
Attachée parlementaire de Catherine Grèze
Eurodéputée Verts/Europe Écologie
Contact : thibert.fanny@hotmail.com
http://www.sudouest.com/gers/actualite/article/729492/mil/5202638.html
RÉGIONALES. Ils affichent leur ambition : deux élus gersois en mars
Un peu de piment dans cette campagne pour les élections régionales ? En voilà ! Avec dans le rôle du grain de sel, les Verts. Forts de leur succès retentissant lors des dernières élections européennes, ils partent à l'abordage des bastions traditionnels, UMP et PS notamment.
En Midi-Pyrénées, c'est Gérard Onesta, vice-président du Parlement européen, qui devrait mener la bataille à la tête de la liste Europe Écologie. Un rassemblement qui entend surfer sur son succès de 2009. Dans le Gers, depuis le week-end dernier, les Verts sont à l'ouvrage. « Dans un premier temps, explique Fatma Adda, nous avons désigné ceux qui représenteront les Verts au sein d'Europe Écologie (ndlr : Fatma Adda, David Pomiès et Mohamed Guermat, plus un quatrième à choisir), puis nous accueillerons trois représentants associatifs hors Verts. Nous serons donc sept sous la bannière Europe Écologie. »
Leur stratégie ? « Nous sommes dans une autre situation que lors des européennes pour lesquelles les « grands » partis s'étaient peu mobilisés. À nous de convaincre notre électorat, et au-delà, que nous sommes capables de travailler sur des dossiers sensibles et qu'en matière d'environnement, il vaut mieux se tourner vers l'original que la copie. On ne peut être à la fois le Monsieur Environnement d'un grand parti et clamer que la 2 x 2 voies Auch -Toulouse est le dossier de sa vie. »
Une alliance ?
Un coup de pied à peine voilé en direction du PS mais l'UMP ne sera pas en reste : « Ce sera beaucoup plus difficile que pour les européennes. Là, les notables vont se battre pour leurs sièges. »
Les Verts et plus largement Europe Écologie, ne cachent pas leur ambition. « Nous espérons décrocher deux sièges, lâche Fatma Adda. Les sondages qui courent actuellement sont plutôt favorables, s'enthousiasme la jeune femme. Nous ne serions pas très loin du PS, quant à l'UMP, même si elle est devant, elle n'aura pas de rebond possible au second tour ».
Est-ce à dire que les Verts d'Europe Écologie imaginent déjà l'éventualité d'alliance au second tour avec le PS ? « De toute façon, une alliance n'est envisageable qu'autour de notre programme. » Quant à l'intransigeante candidate, elle concède qu'elle ne refuserait pas une tête liste dans le département. Une chose est sûre, la liste Europe Écologie pourrait décrocher un siège en mars prochain. Reste à savoir à quelle autre liste il fera défaut.
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